Accueil > Actualités > Toutes les actualités > Dossier : Élection du pape François
Rejoindre le Monastère Invisible

Don en ligne

galet Élection du pape François : premières réactions de l’évêque de Saint-Etienne face aux médias

Dès le lendemain de l’élection du pape François, Mgr Dominique Lebrun a rencontré les médias locaux de la presse écrite, télévisuelle, radio et internet pour une première réaction à chaud sur le choix de ce nouveau pasteur de l’Église Catholique. Interview.

- Il y aura-t-il une messe à Saint-Etienne pour le nouveau pape ?

Mg Dominique Lebrun : Oui, mercredi 20 mars à 18 h 45 à la cathédrale Saint Charles, le lendemain de la messe inaugurale du nouveau pape. Je vais à Rome à cette occasion.

- Au-delà de la surprise sur la nationalité du pape, c’est un pape âgé de 76 ans. Cela veut-il dire qu’il s’agit d’un pape de transition ?

Mg Dominique Lebrun : Je ne suis pas surpris que l’Esprit Saint nous réserve des surprises ! Vous connaissez l’adage « qui rentre pape au conclave en sort cardinal ! ». Cela s’est encore vérifié. Et bien voilà, nous avons un pape qui a, depuis un an, déposé sa démission d’archevêque de Buenos Aires mais qui a tout de même dix ans de moins que le pape Benoît XVI. Cela lui laisse de la marge !

- Par rapport à l’Eglise, n’est-ce pas un handicap ?

Mg Dominique Lebrun : Non, ce n’est pas un handicap. Il a 76 ans, cela fait partie de ses caractéristiques. Pour la conduite de l’Église, je ne suis pas inquiet.

- Le pape s’est présenté avant tout comme évêque de Rome, qu’est-ce que cela signifie ?

Dominique Lebrun, évêque de St Etienne Mg Dominique Lebrun : En effet, hier il a pris contact avec les romains en insistant sur le fait qu’il est avant tout évêque de Rome. Il n’a pas employé le mot « pape ». C’est important pour nous, évêques, par rapport au statut et à la responsabilité de l’Église locale. Car si lui-même se situe comme évêque d’un lieu, il reconnait par là, les diocèses du monde comme étant Église locale. Là où il y a un évêque et le peuple de Dieu, il y a Église, et lui, le pape, est le premier parmi nous, le premier parmi les égaux. Il s’est situé vis-à-vis de nous comme un frère, c’est pour cela que dans mon communiqué publié à l’occasion de l’élection du pape, j’ai mentionné « l’évêque de Saint-Etienne salue avec beaucoup d’affection et de respect son frère François ». J’ai hâte d’aller le saluer !

- Et sur le fait qu’il soit jésuite ?

Mg Dominique Lebrun : Ils doivent être heureux ! C’est une forme de reconnaissance. Mais les cardinaux ont avant tout choisi la personne de Jorge Mario Bergoglio. Ce qu’il porte en lui. Évidemment, quand on appartient à un ordre mondial comme la compagnie de Jésus, cela prédispose certainement à une compétence universelle. D’ailleurs il a voyagé, en Allemagne, au Chili... Notons qu’il a fait sa thèse sur le pape Saint Grégoire le Grand au VIème siècle. [1] Il a eu le temps de réfléchir à ce qu’était un pape et aux origines de l’Église. Le Bon Dieu l’a préparé !

- On dit qu’il aurait refusé cette charge lors du conclave précédent ?

Mg Dominique Lebrun : Je pense que ce n’est qu’une rumeur, qu’il n’y a pas de fondement réel dans cette affirmation. Après, cela peut-être vrai, cela peut-être faux…..Les cardinaux ne démentent pas car s’ils commençaient à démentir, ils commenceraient déjà à dire quelque chose. Cela fait partie du secret de ne pas démentir.

- Et sur le choix du prénom François ?

Mg Dominique Lebrun : Honnêtement je dois dire que je l’espérais un peu (ou Paul). Pourquoi a-t-il choisi ce prénom ? Attendons qu’il nous le dise, mais on peut imaginer qu’il fait référence à Saint François d’Assise. N’oublions pas qu’il est petit fils d’immigrants italiens et que saint François, patron de l’Italie, est un saint extrêmement populaire. Personnellement, j’aime beaucoup aller à Assise, c’est un lieu magnifique et d’une grande simplicité. Je pense aussi à ce qui s’est passé à Assise, notamment la rencontre inter religieuse de 1986 organisé par Jean-Paul II avec les représentants des grandes religions. On peut y voir un signe. J’aime aussi me souvenir que les parents de Saint François ont choisi ce prénom en référence à la France après un voyage chez nous qu’ils ont beaucoup apprécié.

- Les cardinaux n’ont-ils pas choisi un pape argentin en raison d’une plus grande ferveur religieuse en Amérique du Sud ?

Mg Dominique Lebrun : Cela a peut-être un peu compté mais je ne le pense pas. Cela aurait pu être tout autant un pape venant d’un pays où il y a très peu de catholiques. Les cardinaux ont choisi celui qu’ils pensaient le meilleur dans la situation actuelle et avant tout, en fonction de la qualité de la personne. Sa simplicité, quand il s’est présenté au balcon, m’a touché.


- En parlant de simplicité, pensez-vous que son pontificat soit aussi simple que lui ?

Mg Dominique Lebrun : Je le souhaite mais en même temps, c’est compliqué pour un pape ! On a déjà considérablement abaissé le faste par rapport au pape Jean XXIII.

- Après le théologien, on revient à un pape plus politique et engagé ?

Mg Dominique Lebrun : On ne peut pas cataloguer le pape François comme conservateur ou progressiste, ni altermondialiste mais effectivement, c’est un homme qui s’est engagé auprès des plus pauvres, qui a lutté pour la justice. Forcément, il a fait une action politique tout en respectant l’autonomie des responsables politiques. Nous ne pouvons pas dire à M. Hollande : « vous ne pouvez pas faire cela », mais nous pouvons dire : « nous constatons que… ». Les chrétiens eux-mêmes doivent relever les manches et s’engager en politique pour rechercher une autre manière de vivre ensemble dans le monde. Il est souhaitable que l’Église soit présente dans le champ politique, social, économique. Il faut être extrêmement attentif et engagé.

- Est-ce bien qu’il ne soit pas de la curie romaine que certains souhaiteraient réformer ?

Mg Dominique Lebrun : C’est un signe intéressant. Quand à la réforme de la curie ? Personnellement, je n’accable pas la curie car lors de ma visite ad limina [2] , elle m’a aidé dans mon ministère d’évêque et m’a conseillé. Ce sont des serviteurs. Mais on peut imaginer que dans l’avenir, tout ne se décide pas à Rome et qu’on aille vers une plus grande autonomie des diocèses.

- Et concernant ce qui se dit sur le passé du pape durant la dictature en Argentine ?

On va chercher les zones d’ombre comme pour le pape Benoît XVI à qui on a reproché son engagement - forcé - dans les jeunesses hitlériennes. Sans doute s’apercevra-t-on que ce n’est pas vrai. Mais être saint ce n’est pas être parfait, c’est désirer s’approcher de cette perfection.

F.Défrade

Cécile Canivet complète l’interview de la conférence de presse dans son blog.

Consultez l’article ici >>

Consultez aussi :

Communiqué de Mgr D.Lebrun pour l’élection du pape François

[(Hier, l’Eglise catholique a reçu son nouveau pasteur, le Pape FRANÇOIS. Grande joie et profonde reconnaissance aux cardinaux, et à l’Esprit Saint. Dieu a exaucé notre prière. L’évêque de Saint-Etienne salue avec beaucoup d’affection et de respect son frère FRANÇOIS, nouvel évêque de Rome. Comme nous l’avons entendu hier, le Pape est d’abord l’évêque de l’Eglise de Rome.

Sa simplicité nous touche déjà. En quelques instants, il s’est adressé à Dieu avec les prières les plus simples et à l’assemblée avec les mots les plus communs. Il a choisi Saint François, connu pour son amour des pauvres. Il vit lui-même sobrement. Je lui fais confiance pour nous aider à être encore plus du côté des plus pauvres.

L’Eglise de Saint-Etienne s’associe à la joie de l’Eglise de Rome. J’invite le peuple de Dieu de la Loire à prier Dieu pour qu’Il bénisse son serviteur FRANÇOIS, comme il l’a demandé. J’invite les fidèles, les religieux et les religieuses, les animateurs laïcs en pastorale, les diacres et les prêtres qui le peuvent à se rassembler mercredi 20 mars à 18 h 45 à la cathédrale Saint-Charles pour une messe d’action de grâce.

Le jeudi 14 mars 2013

+ DOMINIQUE LEBRUN


[1] Wikipédia : Grégoire Ier, dit le Grand, auteur des Dialogues (né vers 540, mort le 12 mars 604), devient le 64e pape en 590. Docteur de l’Église, il est l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident, avec saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme. Son influence durant le Moyen Âge fut considérable. C’est à lui que l’on doit l’appellation « chant grégorien ». Depuis le concile Vatican II, l’Église catholique le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).

[2] définition de la Conférence des évêques de France : Ad limina, du latin ad limina apostolorum, désigne la visite que chaque évêque fait en principe tous les cinq ans au Saint-Siège




Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 18.03.2013 09:08 - Mis à jour le : 18.03.2013 10:57