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galet Du 21 au 31 juillet 2009 : de retour de Terre Sainte, des jeunes témoignent de leur expérience

C’était un défi, 1700 jeunes l’ont relevé répondant à la proposition originale des évêques de France. Du 21 au 31 juillet 2009, ils ont marché sur les pas du Christ, en Terre Sainte, accompagnés par vingt évêques et 80 prêtres.

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Ils ont vécu ce pèlerinage et témoignent

LE GROUPE

1700 jeunes pèlerins en Terre Sainte

"Nous étions trente-huit des diocèses de Viviers et Saint-Etienne mais aussi du Gard, de la Haute-Loire, de l’Eure-et-Loir, du Rhône, de Paris ou de la Suisse à vivre ensemble ce pèlerinage en Terre-Sainte du 21 au 31 juillet 2009.
Trente-huit et bien d’autres puisque de toutes les régions de France, nous étions 1700 pèlerins français à vivre cette expérience spirituelle à l’invitation de nos évêques.
Ce compte-rendu à plusieurs voix (ou plusieurs claviers) veut permettre à ceux qui le souhaitent de partager un bout de cette expérience « aux sources » de notre foi chrétienne…
P. Jacques Brun

Témoignage personnel de Jean-Rémi (27 ans)
Après plusieurs années passées à l’étranger pour mes études ou le travail, j’avais perdu en route une partie de ma foi ou du moins l’habitude de la pratiquer régulièrement et pleinement. Ce pèlerinage en Terre Sainte a été pour moi l’occasion de non seulement me « remettre à niveau » mais également de poser de nouvelles bases pour continuer ma vie de chrétien. Le fait de découvrir les lieux où Jésus a marché, fait des miracles et guidé ses disciples est une chance incroyable ! Guidé par des prêtres d’une grande qualité, cela donne encore plus envie de mieux connaître la Bible et notre Sauveur. Enfin, le fait d’être entouré par 1700 autres jeunes nous donne une grande confiance en tant que chrétiens.

LE DÉSERT

L’expérience de la survie

Le désert du Néguev est bien différent de l’image que l’on se pourrait s’en faire : pas de dunes de sable à perte de vue mais beaucoup de pierres, de hautes falaises rocheuses. La chaleur serait sûrement le seul point commun…

Le désert nous invite au retour à l’essentiel, à se centrer sur soi. La marche en silence, sur les pas d’Abraham, qui nous est proposée, nous permet de réfléchir à notre présence ici : « Pour quoi suis-je venue à ce pèlerinage ? », mais aussi : « Qu’est-ce qui m’est essentiel ? ou superflu ? ». C’est un temps pour demander à Dieu de nous ouvrir à sa Parole.

Nous célébrons la messe en plein désert, la recherche de l’ombre et la soif nous mettent à l’épreuve. Nous faisons l’expérience de la survie et imaginons le peuple hébreu pendant quarante ans dans ce désert. Finalement, au désert, nous ne sommes rien, étant totalement dépendants de l’eau.

Entre deux marches, nous visitons un ancien village dont il ne reste que les ruines et nous nous prenons à l’imaginer vivant et grouillant. Nous apprenons par la même occasion par quels moyens ingénieux les habitants de ce village parvenaient à « survivre » sous ce soleil impitoyable et avec si peu d’eau. Tout cela force notre admiration.

Ces premiers pas en Israël ne sont donc pas de tout repos. Le travail physique demandé par les conditions climatiques amène au travail de réflexion qui se poursuivra tout au long du pèlerinage. Et en même temps se posent des questions comme : « Aurai-je assez de force et de courage pour endurer cela ? », « saurai-je me surpasser ? ». La suite nous le dira…
Anne-Laure et Gersende

L’HÔPITAL

La fraternité malgré l’épreuve

Vendredi 24 juillet, dès l’aube, à l’heure où rougit le désert, les premiers malades quittaient le camp, en ambulance, perfusions aux bras. Quatre d’entre nous se retrouvaient alors à l’hôpital de Beer Sheva, tandis que le reste du groupe se dirigeait vers le nord du pays. Quelques heures plus tard, ce sont quelques neuf autres pèlerins stéphano-vivarois qui se retrouvaient hospitalisés à Tibériade. Ce fut alors l’occasion de temps d’échanges et de fraternité intenses, ponctués par l’eucharistie et la prière. Nous avons aussi pu vivre le quotidien des malades dans des hôpitaux israéliens le jour du shabbat. Nous avons enfin beaucoup discuté avec le personnel soignant venant d’horizons très variés (essentiellement de Russie, mais aussi d’Algérie, ou encore de France…) et avons pu découvrir les préoccupations quotidiennes de ces israéliens vivant pour beaucoup depuis moins de cinquante ans en Terre Sainte.
Hélène et Mathieu

LE LAC DE GALILÉE ou de TIBÉRIADE

Une catéchèse par le cardinal Barbarin

Après deux jours et deux nuits dans le désert, le groupe des pèlerins de Saint Etienne Viviers remonte la Terre Sainte en direction des terres plus fertiles de Galilée. Chemin faisant, ils longent la Mer Morte, puis le Jourdain, pour finalement déposer leurs sacs au bord du lac de Tibériade (à -212 m). Plusieurs péripéties ont largement modifié le programme de la journée et certains, malades, ont pu y voir une longue traversée du désert au sens métaphorique cette fois ! Malgré une quinzaine d’hospitalisations, le groupe est resté uni et plonge désormais avec enthousiasme dans la foule des autres pèlerins, tous rassemblés pour la liturgie de la parole célébrée par Mgr Barbarin, archevêque de Lyon. Ébloui par la lumière chaude du soleil couchant et les reflets argentés des eaux du lac, Mgr Barbarin appelle tout un chacun à se concentrer et à faire siennes les béatitudes (Matthieu 5, 1-12).

A peine le temps d’un bain de minuit pour quelques uns, une courte nuit et quelques heures plus tard, le groupe entame sa quatrième journée en Terre Sainte. Après avoir célébré les laudes au bord du Jourdain, chacun est amené à se rappeler son baptême. Puis ensemble, nous partons sur les traces de Jésus et des disciples Simon (Pierre), André et Matthieu (Lévi). A Capharnaüm nous découvrons la maison de Pierre où Jésus a séjourné, se sentant comme chez lui nous dit Saint Marc (2,1).

Une escale à Tabga, où Jésus à multiplié les pains et voici le groupe en route pour le Mont des Béatitudes. Là, surplombant la Galilée, nous célébrons la messe. Fort des paroles de la veille, chacun cherche quelle est la béatitude qui fait écho en lui et tous, nous prions pour les pèlerins malades restés à l’hôpital. Enfin, sous le soleil de l’après-midi, nous gravissons le mont Tabor (588 m). Arrivés au sommet, nous saisissons autant qu’il nous est possible, la force de ce lieu de la Transfiguration de Jésus.

Il est temps désormais pour le groupe de reprendre la route vers le Nord, pour rencontrer les catholiques palestiniens qui doivent nous accueillir pour la nuit, enrichis que nous sommes, par cette belle expérience de la Galilée.
Blandine et Nadia

Témoignage personnel de Marie
Avec le peu de recul que j’ai pu prendre depuis notre retour, je voudrais vous partager deux moments forts de ce pèlerinage. Le premier était l’expérience du désert : c’était notre premier jour sur cette Terre Sainte et il m’a permis d’entrer dans l’esprit du pèlerinage… Dans le désert il faut en emporter le moins possible, revenir à l’essentiel ; et surtout il n’y a rien d’autre que le silence. Il me semble que j’ai connu le murmure du fin silence dans lequel Dieu s’est manifesté à Elie, le silence qui laisse nos cœurs en paix et permet à Dieu de parler. A Bethléem, nous sommes allés dans la grotte où Jésus est né (ce qu’il en reste !). Un groupe chantait les paroles de Pierre à Jésus « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » (cf. St Jean, 21, 15-17) et Jésus m’a posé cette question qu’il posait à Pierre : « Marie, est-ce que tu m’aimes ? » J’espère me reposer cette question pour me guider quand j’aurai une décision à prendre, mais aussi pour chacune de mes actions et paroles. Pour finir, je voudrais remercier chacun de ceux avec qui j’ai fait ce pèlerinage pour avoir été les témoins, les messagers de la bonté de Dieu pour moi.

TARSHIHA

Un week-end à la rencontre de familles palestiniennes dans la paroisse melkite de Tarshiha.

Notre périple en Galilée prend une dimension nouvelle lorsque nous arrivons, transpirants et un peu barbouillés par le trajet en car, dans la ville de Tarshiha. Bien qu’ayant bien une heure trente de retard, nous sommes accueillis très chaleureusement dans la paroisse par les paroissiens, des arabes palestiniens israéliens et melchites (oui oui tout ça !). Une douce musique démarre : Marie, une jeune palestinienne qui se destine à être religieuse, nous interprète une composition chrétienne. Un délicieux buffet a été préparé auquel nous aurions fait encore plus honneur si nos estomacs ne demeuraient pas quelque peu traumatisés par les évènements de la veille.

Nous fûmes tous heureux de pouvoir échanger avec ces familles, avoir des explications sur les relations complexes entre Israël et Palestine, la situation de ces chrétiens d’Orient, et la grande diversité des populations dans ces villes de Galilée...

Nous fûmes répartis ensuite au sein des familles : Quel sens de l’accueil ! Quelle joie d’être choyés ! Les conversations durèrent longtemps pour certains, pour d’autres la soirée fût plutôt musicale (petits concerts privés avec instruments locaux...). Ce qui s’est vécu dans les familles reste un moment fort du pèlerinage tout comme la célébration de l’eucharistie en arabe le dimanche matin suivant le rite oriental. Il faut avouer que nous étions plus préoccupés à "singer" les positions et signes de croix des fidèles qu’à prier notre Seigneur ; pas évident de suivre la liturgie !

Néanmoins, cela reste un moment marquant car, malgré les différences, nous étions réunis par la même foi, pour prier pour la paix entre les peuples, prier pour ces chrétiens d’Orient, prier ensemble.

« Pray for us » : Cette phrase prononcée en toute amitié par une jeune palestinienne restera gravée dans nos mémoires pour venir résonner au moment où l’on prononce « Agneau de Dieu, donne-nous la paix ».
Solène et Marie-Aimée

Témoignage personnel de Godefroy
Après avoir mis un petit moment pour vraiment rentrer dans le vif du sujet, je me suis vite rendu compte de la chance que nous avions d’être rassemblés dans ce pays avec 1700 jeunes provenant de toute la France dans un but commun : la foi. Durant ce pèlerinage j’ai vraiment découvert d’une autre manière la bible, grâce à tous ces lieux qui permettent de mettre des images sur la vie de Jésus. Cela était aussi très enrichissant de pouvoir découvrir le mode de vie et la culture des populations israéliennes et palestiniennes et de mieux comprendre, à travers différents témoignages, les enjeux de ce pays. Ce retour aux sources m’a rempli d’espérance et je souhaite qu’il me permette de vivre pleinement ma vie de chrétien. Je souhaite à d’autres jeunes d’avoir l’occasion de vivre de tels moments.

BETHLÉEM

Il y a 2000 ans un Sauveur nous est né

Après une journée de désert, et trois jours d’hospitalisation, c’est pour certains comme le premier jour de pèlerinage. Mais l’expérience de fraternité et de dépouillement qu’ont représenté ces deux jours à l’hôpital nous a permis de rester en chemin.

La journée commence de (très) bon matin, par une visite à la Basilique de la Nativité. Les offices s’enchaînent dans la grotte de la Nativité, et nous devons revenir dans l’après-midi pour vénérer le lieu de la naissance du Christ. Difficile d’imaginer la grotte sous les tentures et les lampes à huile, et pourtant c’est ici qu’il y a 2000 ans, un Sauveur nous est né, dont on cherche le visage dans celui des nouveaux-nés croisés aux bras de leur mère, dans les rues de la ville. Il faut se courber sous l’autel pour embrasser l’étoile qui marque ce haut lieu, comme on s’incline devant l’humble et glorieuse condition du Christ. Nous touchons du doigt, presque littéralement, le mystère de l’Incarnation. Au champ des bergers, un temps de lectio divina nous permet de nous imprégner de la Parole et de nourrir notre prière des paysages que nous avons sous les yeux.

La messe de Noël, célébrée par le patriarche Mgr Fouad Twal sur la place de la Mangeoire en cette chaude soirée de juillet, clôt la journée. La joie d’être réunis tous ensemble est palpable, tout comme une certaine émotion. Quelles qu’aient été nos réactions en sortant du colloque de la matinée – émotion, incompréhension ou irritation, nous ne restons pas indifférents à la souffrance des habitants de Bethléem. L’assemblée se laisse toucher par les larmes qui imprègnent la voix de la sœur qui lit les prières universelles. Pour nous qui n’avons jamais connu que des temps de paix, nous devinons toutes les souffrances qui accompagnent le conflit, et l’Agneau de Dieu prend un sens beaucoup plus fort. Face au mur qui encercle la ville, symbole de la souffrance et des divisions de cette Terre Sainte, la prière pour le pardon, la justice et la paix semble la réponse la plus urgente.

Lorsque nous quittons la ville et franchissons les limites du mur, nous prenons conscience de ce que notre visite représente de symboles et d’espoir pour les habitants et particulièrement pour les chrétiens, et c’est ainsi que nous continuons notre chemin vers Jérusalem.
Manon et Raphaël

JÉRUSALEM

La ville trois fois sainte

Notre visite de Jérusalem a commencé par la visite du musée d’Israël, où nous avons pu observer une reconstitution de la ville sainte au temps du Christ. Ensuite, depuis le Mont des Oliviers, nos yeux se sont posés sur la ville actuelle, constatant les changements subis en deux mille ans, mais remplis de joie d’être enfin là, aux sources de notre foi... Au Carmel du Pater, nous avons ré-entendu le Christ nous apprendre à prier ; puis, à Gethsémani, nous nous sommes laissés appelés à nous abandonner aux mains du Père...

Quelques heures plus tard, dans la vieille ville, nous marchions vers le tombeau de David, le Cénacle, l’église de la Dormition... . Au soir de ce premier jour à Jérusalem, l’ensemble des pèlerins s’est rassemblé au jardin des Oliviers pour une méditation autour du récit de la Passion. Ce fut pour beaucoup l’occasion de recevoir le sacrement de la Réconciliation et de se questionner ainsi sur la force du pardon de Dieu dans nos vies.

Le lendemain, rassemblés de nouveau pour la messe de la Résurrection, nous avons vécu un très beau temps de fraternité où planait déjà l’Esprit de Pentecôte, à travers l’envie de témoigner et de préparer d’autres grands rendez-vous d’Eglise à notre retour (citons les JMJ de Madrid en 2011...).

A suivi un colloque au Palais des Congrès intitulé « Comment vivre ensemble ? », marqué notamment par le témoignage du Père David Neuhaus, homme de naissance juive, de culture arabe... et de foi catholique. Ce prêtre nous a tous invités à purifier notre langage sur le conflit israëlo-palestinien et surtout à « œuvrer pour l’impossible », afin qu’advienne la Paix...

Nous avons ensuite marché vers Saint Pierre en Gallicante, lieu du reniement de l’Apôtre, mais également de la dernière nuit de Jésus... Plongés avec lui au fond de la citerne qui fut sa prison, nous contemplons en silence l’Amour livré aux ténèbres et à l’angoisse... Nous suivons alors cet Amour enchaîné jusqu’au Saint Sépulcre. Ici, face au Golgotha ; là, face au tombeau du Ressuscité, le pèlerin goûte à cette sensation bouleversante de se trouver au centre du monde et de l’Histoire, au centre de sa foi aussi...
Le troisième jour, nous avons poursuivi notre découverte de la ville trois fois sainte, en nous rendant au mur des lamentations, sur l’esplanade des mosquées, à la piscine de Bethzatha, puis à l’église Sainte Anne.

Après une après-midi libre – occasion d’arpenter les souks, d’aller prier au Saint Sépulcre, de revoir tel ou tel lieu – notre dernière soirée fut un vrai moment de convivialité et d’amitié, vécue dans la joie d’avoir partagé un si beau pèlerinage sur la Terre Sainte de nos sources.

Mais au-delà de tous les lieux saints, de tous les temps forts... il y a à Jérusalem un endroit qui paraît incontournable : Yad Vashem. Une architecture noire surplombant la colline, implacable comme la mort. Le nom d’un million et demi d’enfants dans une pièce immense où chaque sourire éteint par la barbarie nazie est symbolisé par une étoile. Mais ici, au mémorial de la Shoah, l’indicible du drame est traversé par l’allée des Justes, un chemin de vie qui dépasse le monument barrant la colline, comme pour mieux nous murmurer l’Espérance... En quittant Yad Vashem, c’est un vaste et beau jardin qu’on a devant les yeux. Chaque arbre, planté en souvenir d’un Juste des Nations (un de ces arbres porte le nom de Jean-Paul II) témoigne d’une force de vie dont on comprend qu’il est urgent de prendre soin...

Après un XXème siècle qui nous montra que ni la culture, ni la technique, ne pouvaient préserver l’Homme des germes de mort qu’il porte en lui, nous sommes repartis de Jérusalem avec la conviction intime et brûlante que seul l’Amour de Dieu manifesté sous le nom de Jésus de Nazareth pouvait sauver l’Homme, et qu’il était de notre responsabilité de chrétiens d’agir en « sentinelles du matin », en acceptant de choisir pour chaque jour les germes de vie, et de les porter dans un monde qui, dès lors, pourra devenir meilleur.
Clémentine et Reine-Lise





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Publié le : 05.09.2009 14:51 - Mis à jour le : 04.05.2010 12:43