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galet Dominique Lebrun : "Oublions le mot PAROISSE"

L’évêque de Saint-Étienne, Dominique Lebrun a présenté à Témoignage Chrétien en 2010 son expérience originale dans des zones rurales mêlant équipe itinérante et communauté de base. Un an plus tard, pour les deux paroisses Sainte Claire en Forez et Sainte Thérèse des montagnes du soir des expériences commencent à germer.

Dominique Lebrun : "Oublions le mot PAROISSE"

Témoignage chrétien : Vous voulez mettre en place, dans deux zones rurales, des communautés de base, sans prêtres, que visiteraient régulièrement des équipes itinérantes. Qui va les animer ?

Mgr Dominique Lebrun : L’Esprit-Saint ! Et les membres de ces communautés de base, des chrétiens baptisés et confirmés. Je ne pense pas nommer des laïcs en mission, comme dans le diocèse de Poitiers. L’important, c’est le lien sacramentel. Ce contact sera assuré par un groupe itinérant de personnes – prêtres, diacres, laïcs – mandatées par l’évêque.

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photo /©service communication diocèse de St Etienne

Le système paroissial est-il caduc ?

La difficulté du système, c’est l’exigence d’un quota de prêtres. Sur une zone de mission, il peut y avoir six prêtres ou deux. Je voudrais oublier le mot « paroisse » et penser « terre de mission ». Aujourd’hui, je n’en ai pas le droit. Je suis allé au Vatican en mars dernier poser la question au Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs [1]. Les responsables m’ont dit comprendre la question. Eux-mêmes étudient comment faire vivre ces paroisses autrement. Pour l’heure, ils disent ne pas envisager leur suppression.

Et vous ?

Je continue dans ma recherche. J’essaye de partir de la réalité. Chaque équipe itinérante va tourner sur plusieurs communautés locales. Elle aura deux fonctions principales : conforter la petite communauté et l’aider à aller vers les autres. Mon souci est que ces lieux de recherches – deux zones de mission qui débutent l’expérience en septem­bre – ne soient pas isolés mais bien portés par l’ensemble du diocèse. Je ne sais pas encore si les communautés sont prêtes.

Comment organiserez-vous les sacrements ?

On va regrouper les mariages, comme les baptêmes. Je souhaite que les communautés de base se réunissent une fois par semaine, sans attendre l’alternative future entre la messe à 30 km ou l’absence d’eucharistie. Elles doivent in­venter, sans attendre un plan de l’évêque. J’insiste sur deux pi­liers : la prière avec la Parole et la charité. Cela peut se faire chez une personne ou à l’église, un jeudi ou un dimanche, avec des psaumes ou avec l’évangile du dimanche…

Les équipes itinérantes seront là pour partager l’évangile, répondre aux demandes, contrôler ce qui se fait. Dans un esprit très large. Si une communauté aime dire le chapelet en latin, l’équipe ne critiquera pas. Mais elle demandera si cette prière est nourrie de la Parole du Seigneur. Cela est obligatoire. Comme le souci de la charité. Les grou­pes, notamment ceux d’Action catholique, ont une expertise des communautés de base. Plus que les laïcs en mission, je voudrais valoriser les laïcs baptisés et confirmés.

N’y aura-t-il pas un problème de légitimé de ces laïcs ?

La qualité de leur vie sera leur légitimité. Pour la préparation des obsèques par des laïcs, le problème se pose parfois lors du premier contact. Ensuite, les familles sont très contentes. Ces barrières sont en train de tomber.

L’attente du prêtre n’engendre-t-elle pas des frustrations ?

Beaucoup de gens ne vont à la messe que lorsqu’elle se tient devant chez eux. Ils attendent aussi autre chose que la messe. Sinon, ils feraient les 30 km nécessaires chaque dimanche. Beaucoup de familles qui demandent une célébration pour les funérailles veulent, par exemple, que celle-ci soit simple : avec une parole de vie et la lecture de beaux textes. Même si les gens remercient pour « la belle messe », ils ne de­mandent pas l’eucharistie. Je suis confiant.

La question sacramentelle n’est donc pas le problème majeur ?

Je crois que nous de­vons amplifier nos propositions catéchuménales et diminuer notre offre sacramentelle. Mais tous les évêques ne pensent pas ainsi. On n’a pas tiré les conclusions du Concile, dans la remise à ni­veau de l’initiation chrétienne. À la Pentecôte, j’ai fait un rassemblement diocésain sans eucharistie. J’ai présidé une célébration de parole, amplifiant l’espace catéchuménal, dans lequel tout le monde se sent invité. Je préfère faire ainsi que célébrer devant des gens qui n’y sont pas prêts.

Recueilli par Philippe Clanché pour le site Témoignage Chrétien le 3 juin 2010


[1] (1. Organisme qui veille à la bonne compréhension du Code de droit canonique.)




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Publié le : 25.08.2011 10:41 - Mis à jour le : 26.08.2011 12:03