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galet Déclaration du 4 avril de la Confédération Européenne syndicale à Bruxelles

Le 4 avril quelque 40.000 syndicalistes venus des quatre coins de l’Europe ont manifesté dans le centre de Bruxelles et jusqu’au quartier européen.

Déclaration du 4 avril de la Confédération Européenne syndicale (CES) à Bruxelles

Notre message est simple mais c’est un message que les responsables européens ne veulent pas entendre. Notre message est que leurs politiques en réponse à la crise financière ne suffisent pas et ont en réalité aggravé la crise sociale et économique. Notre message est que l’austérité ne fonctionne pas.

Alors que les responsables européens se félicitent du fait que la crise de l’euro est derrière nous, nous disons qu’on n’a pas encore fait face à la crise de l’emploi. Alors que les responsables européens nous disent qu’il faut poursuivre des politiques d’austérité sévères, nous disons que de nouvelles politiques sont nécessaires pour redonner du travail aux européens. Dans 18 des 28 pays de l’UE, les salaires réels ont chuté. En Grèce, ils ont été amputés de pratiquement un quart, alors que les impôts directs étaient augmentés également ! Lorsqu’on les ajuste en fonction de l’inflation, les salaires ont diminué non seulement en Espagne, au Portugal et en Hongrie mais aussi au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Plus de 26 millions d’Européens sont sans emploi. Il y a 10 millions de chômeurs de plus qu’en 2008. La situation des jeunes est pire encore : 7,5 millions de jeunes Européens ne travaillent pas, ne suivent pas d’études ou de formation. Face à un chômage affectant plus de 50% des jeunes en Espagne, plus de deux cent cinquante mille d’entre eux ont quitté le pays en quête de nouvelles perspectives dans d’autres pays européens ou en Amérique latine. La même chose se passe au Portugal, en Grèce et en Irlande, un pays qui connaissait l’un des taux d’immigration parmi les plus élevés d’Europe et qui est devenu l’un de ceux où l’émigration est la plus forte. Cela affaiblit encore les perspectives à moyen et long terme de ces pays.

Que peut-on donc faire ? Tout d’abord, il est important que les dirigeants européens réalisent que la seule austérité ne viendra pas à bout de nos difficultés économiques mais, bien au contraire, qu’un chômage élevé et des salaires en baisse pèsent sur les dépenses et réduisent donc la demande de biens et de services. Deuxièmement, il est nécessaire d’investir dans les infrastructures, dans l’éducation et la formation et dans la recherche-développement pour les industries nouvelles. Le fait que les États-Unis aient investi dans la croissance tout en limitant les dépenses publiques dans certains domaines explique pourquoi la croissance et la création d’emplois y sont plus élevées. L’UE plaide en faveur d’une renaissance industrielle européenne mais elle ne dispose pas des instruments ou des politiques qui permettraient de la mettre en place. En outre, les réductions des dépenses pour l’éducation et les infrastructures de transport rendent ce scénario encore moins probable.

L’Europe a besoin d’une nouvelle voie – et c’est cela que les syndicats exigent le 4 avril.

Les responsables syndicaux ont dit à Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, que les travailleurs demandent des investissements créateurs d’emplois. La CES a donné ce même message aux décideurs européens lors du Sommet social tripartite du mois de mars.

Bernadette Ségol, secrétaire générale
Confédération européenne des syndicats

Extrait du bulletin de l’ACO spécial Europe du 25 avril 2014





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Publié le : 21.05.2014 09:00