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galet Décès du père Pierre Dessalces

Le Père Pierre Dessalces, prêtre du diocèse de Saint-Étienne, curé de la paroisse Saint-Étienne, est décédé le vendredi 30 octobre 2009 à l’âge de 47 ans. Ses funérailles ont eu lieu lundi 2 novembre 2009 à 10 h 30 à la cathédrale Saint-Charles à Saint-Étienne Un temps de recueillement a eu lieu le dimanche 1er novembre à l’église Saint Louis où le cercueil était déposé. Il a été inhumé à Queyrières en haute-Loire d’où il était originaire.

Qui nous séparera de l’amour du Christ ? (Saint Paul aux Romains 8, 35)

"Sa vie est un message très fort d’intelligence et de fraternité"

Le Père Pierre Dessalces s’est éteint à l’hôpital Nord. Il était atteint d’une hépatite sévère qui s’est déclenchée au retour des vacances. En quelques semaines, malgré des soins importants il a été emporté. Les paroissiens du centre ville de Saint-Étienne sont dans une grande peine, ainsi que l’évêque Mgr Lebrun et tous les prêtres du diocèse.

Le Père Pierre Dessalces était né à Yssingeaux. Ses racines familiales se situent dans cette région de la Haute-Loire où il aimait venir se reposer. Après des études universitaires à Saint-Étienne, il entre au grand séminaire Saint Irénée de Lyon puis au séminaire universitaire. Il est ordonné prêtre le 24 Juin 1990 à la cathédrale Saint Charles.

  • Il est nommé au centre ville de Saint-Étienne au service du lycée Claude Fauriel.
  • Il fonde le groupe JPF (Jeunes Pour une Foi) au retour des JMJ de 1991 en Pologne, dans un souci de présence missionnaire des jeunes dans l’art et la culture.
  • Il est nommé en 1994 au service diocésain de catéchèse et dans ce cadre il entreprend une formation de deux ans à l’Institut Supérieur de la Pastorale catéchétique à Paris.
  • En juin 1996, il est nommé vicaire épiscopal chargé de la Pastorale liturgique et sacramentelle. Il réside alors à la paroisse de Montaud.
  • En septembre 1998 il est délégué régional à la pastorale sacramentelle et liturgique, charge qu’il assumera jusqu’en 2004. Il prendra une part très active à la mise en place de formations pour les personnes accueillant les familles en deuil à l’occasion de la préparation des funérailles. Il animera plusieurs groupes de travail, organistes liturgiques, animateurs de chants liturgiques, art floral au service de la liturgie, équipes liturgiques paroissiales etc… Il sera un acteur important de plusieurs initiatives dans le domaine liturgique au plan régional. Dans le diocèse il favorisera la création d’un document pastoral pour l’accueil des divorcés.
  • En 1999 il est nommé vicaire épiscopal chargé de la formation. Il réside à Roche-la-Molière où il apporte son concours à la paroisse Sainte Anne de Liseron. Il est nommé accompagnateur de l’équipe diocésaine de la Pastorale familiale. Il sera la cheville ouvrière des deux expositions réalisées à Montbrison et à Saint-Etienne pour marquer le jubilé de l’an 2000 sur le thème : « 2000 ans de christianisme en Forez ». Il devient l’un des enseignants les plus appréciés pour sa clarté et sa précision du Centre diocésain de Formation et des Rencontres Chrétiennes.
  • En Juin 2004, il est nommé curé de la paroisse Saint-Étienne de Saint-Étienne qui regroupe les anciennes paroisses de Saint Louis, Notre Dame, Sainte Marie, La Nativité, Saint Charles, La Grand’Eglise et Saint Ennemond. Il demeure vicaire épiscopal avec une charge allégée pour la liturgie et la formation. Dans cette paroisse il sera particulièrement attentif aux jeunes familles, à l’accueil des jeunes en aumônerie scolaire, à la qualité du service liturgique.

Il était accueillant et ouvert à tous. Son sourire, son dynamisme et sa foi ont réconforté et soutenu de nombreuses personnes éprouvées. Il était présent avec discrétion à la vie sociale et culturelle du centre ville. Il aimait ces quartiers et les gens l’aimaient bien. Il a su maintenir une présence vivante de l’Église catholique dans ce centre ville où tant de populations diverses vivent et se croisent.

Le Père Pierre Dessalces aurait aimé pouvoir se consacrer à l’enseignement et à la recherche. Les urgences pastorales l’ont littéralement happées. Il s’est alors donné sans compter au service de l’Église et de l’Évangile. Il ne s’est jamais ménagé. Sa mort, très rapide, crée un grand vide dans l’animation pastorale du diocèse de Saint-Étienne. Elle interroge les croyants et les incroyants. Il a été dans la « confiance » jusqu’au bout. Sa brève vie est un message très fort d’intelligence et de fraternité, dont nous n’avons pas encore saisi toute la fécondité.

Père Louis Tronchon


Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.

Célébration des obsèques du Père Pierre Dessalces à la cathédrale Saint-Charles de Saint-Étienne, lundi 2 novembre 2009.
2 Co 4, 1-14 ; Ps 39 ; Lc 12, 35-44

Homélie de Mgr Lebrun

Frères et sœurs,

Heureux ! Ce dimanche, dans la communion des saints, nous entendions ce mot répété huit fois dans la bouche de Jésus : Heureux !

Ne sommes-nous pas tristes ? Ne sommes-nous pas dans l’incompréhension ? Hier après-midi, un ami de Pierre depuis 25 ans, et qui est en Sicile, me disait : je n’arrive pas à expliquer aux enfants. Bienheureux enfants, ai-je envie de dire ! Pour eux la mort brutale d’un homme, d’un ami, d’un prêtre de 47 ans ne trouve pas d’explication !

Et pourtant les disciples de Jésus, ceux de l’évangile et ceux de cette cathédrale sont invités à entendre ce mot Heureux ! Aujourd’hui encore, par deux fois, Jésus invite au bonheur :
Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.
Heureux serviteur que son maître, en arrivant, trouvera à son travail.

Qu’est-ce que le bonheur ? Chacun a ses désirs, ses aspirations familiales, sociales, professionnelles, personnelles … aspirations souvent légitimes. Jésus passe son temps à mettre nos désirs en relation avec ceux des autres, avec les siens et avec ceux de son Père.

Nous venons d’entendre deux béatitudes que nous pourrions appeler les béatitudes du serviteur.

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Jésus ne dit pas quelle est la nature du service. Il n’est question que des serviteurs, des serviteurs et de leur relation au maître : heureux les serviteurs que le maître, en arrivant, trouvera. Pour envisager notre bonheur, il est bon de nous demander quels sont nos désirs et nos aspirations –les services que nous avons à rendre- mais, plus fidèlement à l’Évangile, qui est notre maître ? Avons-nous un maître ? Tel est le secret de la vocation et du bonheur : non pas celui des qualités, des capacités, des charismes mais celui de notre relation au maître !

Qui est consacré dans le service du Maître a la grâce d’avoir installé, une fois pour toutes, sa vie en dépendance de ce maître qui est Dieu … même si, parfois, Dieu peut paraître loin. Oui, pour une part, Dieu est loin : "je sens que je pars vers le Père", a dit Pierre dont on pouvait penser qu’il en était proche.

Pierre m’a aidé, ces dernières semaines, à remettre un peu d’ordre dans ma vie et mon ministère. Les services à rendre sont infinis, sont tellement infinis qu’il m’est impossible de pouvoir un jour me coucher en disant au Seigneur : voilà, j’ai tout fini, j’ai tout fait ! Des parents peuvent dire la même chose, des enfants aussi, chacun de nous probablement. En fait, les services quotidiens de nos vies sont tous ordonnés à l’attente du maître, sont comme des préparations à leur accomplissement que seule la venue du maître permettra.

Alors il faut veiller : Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Car l’amour n’a pas encore dit son dernier mot. Beaucoup ont fait l’expérience de veiller dans la prière pendant la maladie de Pierre. Votre prière disait votre désir qu’il soit guéri ; elle disait aussi votre amour ; elle disait surtout que vous reconnaissiez qui était son maître et, probablement, le vôtre : Dieu qui se révèle Père, Père aimant à l’extrême, Père qui nous demande de lui confier son fils bien-aimé, Pierre Dessalces, de le laisser retrouver "ses chers parents" comme il l’a dit.

La seconde béatitude - heureux serviteur que son maître, en arrivant, trouvera à son travail - vient curieusement après la première qui invite à veiller. Comment ne pas en conclure que la prière est premier pour apprendre notre relation de serviteurs à maître ?

Oui, frères et sœurs, notre relation au Maître est premier. C’est le sens de la prière quotidienne, de la rencontre avec Jésus qui appelle à le suivre. Pierre posait doucement la question à ceux qui lui demandait conseil : Pour qui fais-tu cela ?

Gardons cette question au cœur : et si nous avons la chance de pouvoir répondre comme lui, pour le Christ, pour le Père, pour les autres : entretenons cette relation en la plongeant dans l’amour, dans la vérité de l’amour.

Mais voilà, que Pierre, saint Pierre pressent une exigence d’amour supplémentaire pour lui et les apôtres : Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ?
Jésus répond : Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Parmi les serviteurs, il y a donc l’intendant et les domestiques, l’intendant chargé de donner en temps voulu leur part de blé aux domestiques c’est-à-dire à ceux qui font partie de la maison ? Comment ne pas reconnaître le ministère du prêtre, spécialement de l’eucharistie, dans la distribution de la part de blé, en temps voulu ?

Heureux, alors, le serviteur-intendant que le maître, en arrivant, trouve à son travail.

Pierre n’envisageait sa guérison que pour prolonger son « travail » : "je veux guérir pour le peuple de Dieu que j’aime", disait-il. En fait, il n’a pas cessé d’être prêtre et Jésus l’a trouvé à son travail.

Mardi soir dernier, nous avons eu un dernier dialogue. Je lui avais tout donné : l’onction des malades début septembre, l’absolution à deux reprises, la prière pour les mourants jusqu’à l’indulgence plénière … et voilà que mardi, au moment de le quitter, j’entends Pierre dire : "je vais bénir". Je lui fais répéter. Puis dégageant le drap de son lit, de toutes ses forces déjà bien affaiblies, il ouvre ses bras et dit en bénissant : "je bénis tous ceux que j’aime … je bénis ceux à qui j’ai fait du tort … je bénis ceux qui m’aiment". Je lui ai promis de vous transmettre cette bénédiction, cette parole qui dit la miséricorde de Dieu sur tout notre être et qui l’invite dans la relation d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Frères et sœurs, ce n’est pas ma bénédiction, ce n’est pas la bénédiction de Pierre, c’est par nos mains d’intendants, la bénédiction de Dieu, votre maître si vous le voulez bien. Je vous propose de la recevoir maintenant par l’Évangile qu’il a si souvent proclamé.

L’évêque bénit l’assemblée avec le livre des Evangiles.

† Dominique Lebrun
Évêque de Saint-Étienne

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Homélie Mgr Lebrun pour les obsèques de Pierre Dessalces





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Publié le : 02.11.2009 11:17 - Mis à jour le : 13.10.2014 15:48