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galet Décès du père Gabriel Pupier

M. l’abbé Gabriel Pupier prêtre du diocèse de Saint-Etienne, est décédé le dimanche 3 février 2013 à l’âge de 92 ans. Une veillée de prière a eu lieu à la chapelle de la Maison Sainte Thérèse à Saint-Chamond mardi 5 février à 18 heures. Les funérailles ont été célébrées le mercredi 6 février à 14 heures à l’église Saint Pierre (Saint-Chamond).

Célébration des obsèques du Père Gabriel Pupier
Mercredi 6 février 2013 – Eglise Saint-Pierre (Saint-Chamond)

1 Co 15, 12.16-20 ; Ps 26
Mt 5, 1-12.

Homélie

Jésus gravit la montagne (Mt 5, 1).

Gabriel Pupier aimait la montagne. Il aimait le massif de l’Oisans, lieu de prédilection de ses vacances. Comme Jésus, Il aimait encore plus la montagne qu’est notre humanité, qu’est chaque personne humaine.

L’Evangile que nous venons d’entendre est une litanie du bonheur ; une litanie exigeante du bonheur : Heureux les cœurs purs … heureux les artisans de paix … heureux serez-vous si l’on vous persécute à cause de moi (Mt 5, 8.9.11). Sa famille comme ses élèves, les hospitaliers comme les paroissiens de Chavanne ont témoigné hier soir de la passion exigeante du Père Gabriel Pupier pour chacun d’eux. Car il souhaitait pour eux le bonheur, un vrai bonheur, comme Jésus.

Dieu a choisi l’humanité comme montagne à escalader. Et pour cela, le Fils de Dieu s’est fait homme. N’est-ce pas la vocation de tout éducateur ? A la Grand’Grange, autant d’élèves, autant de collines. Ils peuvent traîner les pieds, ne pas bien savoir ce qu’ils feront de leur vie, il leur faut regarder vers le haut et vers l’avenir, comme y invite toute montagne à gravir, toute colline à dépasser. Le Père Gabriel Pupier ne cessait de le faire.

L’évangile des béatitudes est écrit au présent et au futur. Au présent, la première et la dernière béatitude : Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ; Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux (Mt 5, 3.11). La première béatitude invite à être heureux en étant un réceptacle pour l’amour : heureux les pauvres de cœurs, heureux ceux dont le cœur n’est pas plein d’eux-mêmes. Heureux celui qui est un apprenti toute sa vie, à la disposition du maître qui veut son bonheur. Lorsque je l’ai visité, fin décembre, le P. Pupier me disait : « j’ai fait ce que j’ai pu ou, plus exactement, le Seigneur a fait ce qu’il a pu avec le pauvre matériau qu’Il avait entre les mains. » Il parlait de lui, encore apprenti de l’amour.

La dernière béatitude parle de la croix qui unit à Jésus ou, plus exactement, par laquelle Jésus s’unit à toute souffrance. Le Père Gabriel Pupier aimait célébrer la messe et s’unir au sacrifice du Christ. Il écrivait récemment, comme cela a été rappelé hier soir : « Vous êtes dans cette chapelle pour saluer « le grand patron » de cette maison. Je vous rejoins de cœur et d’esprit et, avec vous, je vais célébrer la messe dans ma chambre, réunissant autour de moi tous les vivants de ce monde et tous les vivants en éternité et ça fait du monde. » Me disant le mois dernier qu’il ne pouvait plus célébrer seul dans sa chambre, il me confiait qu’il offrait sa vie, s’accrochant au chapelet, dernière corde pour la dernière ascension.

Les autres béatitudes sont au futur. Le futur est le temps des éducateurs, le temps des hommes d’espérance : Ils obtiendront la terre promise, ils seront consolés, ils seront rassasiés, ils obtiendront miséricorde, ils verront Dieu, ils seront appelés Fils de Dieu (Mt 5, 4.5.6.7.8.9). Ces mots résonnent de manière particulière au moment d’accompagner un tonton prêtre, celui qui a été pour beaucoup un père spirituel, et pour tous un ami.

Ces paroles ne sont pas des calmants pour soigner notre peine. Elles sont des paroles de Jésus, de Celui qui est venu ré-ouvrir le vrai chemin du bonheur et nous entraîner à sa suite à travers les hauts et les bas de la vie jusqu’à la résurrection. Qui est Jésus aujourd’hui pour vous, pour moi ? Est-il vraiment l’unique prêtre, le chemin authentique du Père, l’ami sans lequel la vie du Père Gabriel Pupier, sa vie de prêtre, sa vie de Père, sa vie d’ami, n’aurait pas de sens ?

En 2006, dans un billet spirituel, le P. Gabriel Pupier raconte qu’un jour, moniteur d’une colonie de vacances, il s’échappe pour aller en montagne avec un collègue. Ils étaient dans le brouillard jusqu’à ce qu’ils passent la mer de nuage. Et il commente : si, à cette époque, nous l’avions connu nous aurions chanté : « que tes œuvres sont belles » !

Aujourd’hui, Gabriel Pupier quitte le brouillard de ce monde, pour le face à face avec l’amour en compagnie de tous ceux qui l’ont précédé dans la grande cordée de l’humanité. Voulez-vous, malgré la peine de la séparation, que nous nous unissions à son chant, dans la foi ?

Réjouissez, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux (Mt 5, 12) !

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 06.02.2013 19:00 - Mis à jour le : 13.10.2014 15:28