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galet Décès du père André Morini

Célébration des obsèques du P. ANDRE MORINI
Chapelle des Petites sœurs des pauvres – le jeudi 2 mai 2013

2 Co 4,13 – 5,1 ; Ps 115 (Refrain : Je garde le moral même quand je suis vraiment trop malheureux) ; Jn 12,24-28

Homélie

Frères et sœurs, « Très chers », comme le P. ANDRE MORINI aimait appeler beaucoup d’entre vous. Rappelons-nous ses lettres annuelles ! La foi du Père MORINI était affectueuse, sans tomber dans la sensiblerie, et profonde. Comment ne pas être frappé par son approche de la mort. En janvier 2012 - il était malade depuis un an - il écrit : « La mort a toujours fait partie de mon univers. Depuis ma plus tendre enfance, elle ne m’a jamais été cachée ». Nous sommes nombreux, je crois, à avoir parlé avec lui de son avenir en Dieu et, surtout, de ce passage que JESUS lui-même a vécu. Dans l’évangile choisi par le P. MORINI, JESUS médite sur la mort. Il ne fait pas le fier, si vous me permettez l’expression : Maintenant, je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père délivre-moi de cette heure ? Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci (Jn 12, 27).

Le Concile Vatican II dit que « c’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet » (GS 18 § 1). Le P. MORINI convoquait pour ainsi dire tout le ciel pour l’assister dans ce moment, en particulier Saint JOSEPH, patron de la bonne mort, dont il admirait le vitrail dans l’église de Vérane. Et bien sûr, la Vierge MARIE priée si souvent pour qu’elle intercède « maintenant et à l’heure de notre mort ». En se préparant ainsi, le P. MORINI proclamait sa foi qui n’est pas assurance mais confiance : Nous croyons … et donc nous savons, Celui qui a ressuscité le Seigneur nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous (2 Co 4, 14). La foi met en route, en chemin. Je demeure impressionné par le parcours d’ANDRE MORINI retracé par le P. CHRISTIAN GRILLET témoin de ses derniers instants. Depuis les Abrets où il sera inhumé jusqu’à cette maison, que de chemin parcouru : Avec les frères de Saint Jean de Dieu - je salue la présence de l’un d’entre eux -, en Bretagne, à Lyon, à Paris … puis Hazbrouck, Bayonne, Fribourg, Reims, Laon, Château-Thierry, Chateauroux, le Pilat, Saint-Etienne, Belfort, Ars - je salue un prêtre du diocèse de Belley-Ars - et, à nouveau, Saint-Etienne et le Pilat.

Bien sûr, son tempérament (et son caractère !) est pour quelque chose dans ses déplacements. Mais, j’en suis sûr aussi, une quête fidèle, une quête parfois anxieuse, une quête jamais achevée d’un accomplissement de sa foi et du sacerdoce qu’il avait désiré. Hier, lors de la veillée de prière, plusieurs témoins ont souligné la qualité d’accueil et d’écoute. C’est, je pense, le propre de ceux qui se savent en chemin et sont heureux d’être rejoints sur la route. La foi met en route et donne le courage d’avancer, « donne le moral », selon son expression dont il a voulu qu’elle soit dans le refrain de notre psaume - le P. MORINI ne nous a pas habitué à tant d’innovation liturgique ! Combien de fois, n’a-t-il pas écrit dans ses lettres annuelles à l’écriture inimitable : « je suis un prêtre heureux ». Il suivait Saint Paul : C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour (2 Co 4, 16). En commentant lui-même ce texte, le P. MORINI prend bien soin de dire que PAUL n’oppose pas le corps et l’âme comme si –je le cite- « le corps dégringole et l’âme monte ». Fidèle à sa vocation de frère hospitalier et soignant, le P. MORINI sait que le corps est un don de Dieu. Il sait aussi - je le cite « que ma vie physique et morale doit mourir pour faire place peu à peu à la vie du Christ en moi de plus en plus forte, poussée par des forces de résurrection qui me donnent le moral dans les angoisses et dans les souffrances et me préparent à entrer dans mon éternité ». C’était en décembre 2010 alors qu’apparaissaient les premiers symptômes de la maladie non encore diagnostiquée.

Les forces de résurrection ont été pour A. MORINI, à l’évidence, la messe quotidienne, le sacrement de réconciliation donnée et reçue, et la prière, mais aussi l’amitié et la fidélité. « Fidèle » est son dernier mot perçue par CHRISTIAN. Viens bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître (Mt 25, 23), sont les mots de Jésus qui lui répondent.

Offrons avec ferveur cette eucharistie en présentant le P. ANDRE MORINI à Dieu, en nous offrant nous-mêmes, en nous soutenant les uns et les autres dans la peine d’avoir perdu un frère, un beau-frère, un oncle, un frère prêtre, un père, un ami, et, surtout, dans l’espérance d’avoir au ciel un nouvel intercesseur.

+ DOMINIQUE LEBRUN

Saint-Etienne – Les Abrets (38)

Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Etienne, les prêtres, les frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, les petites sœurs des pauvres, le personnel, les résidents, sa famille et ses nombreux amis de plusieurs diocèses recommandent à votre prière M. l’Abbé André Morini décédé le 28 avril 2013, à l’âge de 79 ans.

Une veillée de prière a eu lieu le mercredi 1er mai à 19h30 à la chapelle des petites sœurs des pauvres, ("Ma Maison", 28 rue Denis Epitalon, Saint-Etienne). La messe des obsèques a été célébrée le jeudi 2 mai à 10 heures dans cette même chapelle et une cérémonie a eu lieu à 15 heures en l’église des Abrets suivie de l’inhumation au cimetière.





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Publié le : 06.05.2013 08:31 - Mis à jour le : 13.10.2014 15:43