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galet Décès du Père Pierre Machon

Le Père Pierre Machon, prêtre à l’Etrat, est décédé dimanche 22 décembre 2013. La veillée de prière a eu lieu jeudi 26 décembre à 19 heures à l’Etrat, et la messe des funérailles le vendredi 27 décembre 2013 à 10 heures à l’Etrat.

Pierre est né à Saint-Etienne le 21 avril 1936 dans une famille de cinq enfants. Les registres de la paroisse Sainte Mariementionnent son baptême le jour même.

Après ses études secondaires, il entre au séminaire Saint Irénée à Lyon pour la formation de prêtre qu’il interromptpendant plus de deux ans, puisqu’il doit aller comme tousles jeunes de son âge, faire la guerre en Algérie dont il ne parlait pas…(il était d’un tempérament... taiseux). Son année d’ordination comprenait 23 prêtres ; il est ordonné en l’église Saint-Ennemond le 21 décembre 1962, avec Pierre Rolle et Roger Bonnet. Il restera fidèle en amitié avec tous ses copains d’ordination, puisqu’il participera régulièrement aux rencontres annuelles ou pluri annuelles de tous ses collègues. Nommé vicaire à Belleville sur Saône, en terre beaujolaise, en 1962. Il y reste six ans puis en septembre 1969, il devient vicaire à la paroisse de Saint Polycarpe jusqu’en septembre 1976, date à laquelle il est nommé à Saint Clément du Chambon Feugerolles avec Pierre Barallon. C’est à ce moment qu’il est incardiné au diocèse de Saint-Etienne, et qu’il souffre d’une névralgie faciale qui va beaucoup l’handicaper.

En 1984, il est nommé au secteur nord de Saint-Etienne (La Terrasse, Saint Priest et Villars) où il collaborera avec Jean-Noël Albout, Guy Brunet et Jean-Marie Guillemot.

Quinze ans après, en 1999, au moment de la fondation des paroisses nouvelles, il arrive avec moi au service de la paroisse sainte Clotilde. Cette nomination le change de lieu, mais pas trop, puisqu’il peut garder ses marques concernant ses magasins où il achetait provisions et choses domestiques. Il aimait bien faire la cuisine - ce dont j’ai profité pendant mon ministère de curé ici et aussi le lundi soirces dernières années. En 2011, il accueille Vivien qu’il aide à s’intégrer dans le diocèse.

Les mots qui reviennent le plus souvent en ce qui le concerne sont : discrétion, sourire, accueil, et simplicité dans le service. On pourrait dire qu’il est parti comme il a vécu, sans faire de bruit, presque furtivement. Son dernier acte pastoral : la messe à la maison de retraite de La Fouillouse, avec les personnes âgées qu’il aimait bien. Son tout dernier geste : allumer le chauffage de l’église de L’Étrat pour que les fidèles de la messe trouvent une église accueillante dans la matinée.

Alors, que son souvenir nous réchauffe le coeur. Le Seigneur qu’il a aimé peut lui dire aujourd’hui : « Viens, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ! »

Père Bernard Robin

Homélie de Mgr Domnique Lebrun pour les obsèques du Père Machon.


Célébration des obsèques du Père PIERRE MACHON Paroisse Sainte Clotilde (église de l’Etrat) – le 27 décembre 2013
Ci-joint l’homélie de Mgr Dominique Lebrun

Homélie

1 Jn 3, 14.16-30 ; Ps 22 ;
Jn 14, 1-6

Depuis dimanche midi, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Le Père PIERRE MACHON est mort subitement. Nous le savions plus ou moins malade, sous traitement. L’un ou l’autre, parmi nous, recevait davantage ses confidences. Pour la grande majorité, nous recueillions surtout sa grande disponibilité et son esprit de service.

Hier, à la veillée, beaucoup ont dit combien ils aimaient PIERRE parce que PIERRE les aimait. Voici à quoi nous avons reconnu l’amour : lui, JESUS, a donné sa vie pour nous, dit l’apôtre JEAN (1 Jn 3, 16). A sa manière, discrètement et fidèlement, PIERRE a donné sa vie.

PIERRE est mort à trois jours de Noël, circonstance qui, bien sûr, marque sa famille, la paroisse et chacun de nous. Elle éclaire aussi la vie et la mort de PIERRE. Comme son frère nous l’a dit, leur Maman ne pensait pas que PIERRE survivrait lorsqu’il est né. Elle l’a confié à Dieu. Dans le cœur de sa Maman, PIERRE était de Dieu, était pour Dieu. Comme pour MARIE et JOSEPH, l’enfant de la Crèche est de son Père et pour son Père qui est aux Cieux.

La fragilité humaine est comme le berceau du Fils de Dieu dès la crèche. Elle a fait le lit du sacerdoce de PIERRE jusqu’à la veille de sa mort où il célébrait pour les anciens à la maison de retraite de la Fouillouse, ceux et celles qui ne peuvent plus sortir physiquement dont il était très proche.

Dans la fragilité humaine, les petites attentions dessinent, avec plus de grâce et de profondeur, le vrai cœur de l’homme. PIERRE a pu donner sa vie car, comme le JESUS de la crèche, le JESUS enfant, il accueillait les petits cadeaux de la vie. Combien de mercis entendus dans la bouche de PIERRE ! Il remerciait avec insistance les équipes qui l’aidaient, il appréciait beaucoup l’aide des paroissiens.

Comme MARIE et JOSEPH, PIERRE ne revendiquait pas devant la fragilité humaine comme celle de la foi. Il communiait à la souffrance de nos communautés devant la baisse des vocations ou de la fréquentation des sacrements. Sa lecture attentive de la Croix alimentait sa réflexion et des partages avec d’autres sur les tournants que l’Eglise a à prendre. Mais il ne s’attardait pas à échafauder des plans pastoraux. En tous les cas, il n’attendait pas pour poursuivre son chemin d’humanité et de foi, dans la simplicité.

Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas - « où va l’Eglise ? » - ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? JESUS répond sans répondre à THOMAS : Moi, je suis le chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi (Jn 14, 5-6). Par cette phrase, JESUS fait résonner le mystère de son incarnation. JESUS est partout où il y a la vie, où il y a la vérité, où il y a un chemin. En se faisant l’un de nous, le Fils de Dieu s’est comme uni à tout ce qui fait l’humain. Il est né comme nous, il a travaillé comme nous, il a marché d’un lieu à un autre comme nous, il a mangé et bu, comme nous. En pensant au sport ou à d’autres jeux qu’affectionnait PIERRE, nous pourrions dire, il a joué comme nous.

La foi chrétienne invite à renverser la perspective puisque nous reconnaissons en JESUS l’auteur de la vie. Nous mangeons et buvons comme lui, nous travaillons comme lui, nous nous déplaçons comme lui. Vient alors la question : aimons-nous comme lui. JESUS propose que nous le fassions en Lui, pour son Père : Personne ne va vers le Père sans passer par moi.

Dans un instant, nous allons célébrer la mort et la résurrection de Jésus dans le sacrifice eucharistique. Ce sera le moment de déposer la vie et le ministère de PIERRE dans la vie, la passion, la mort et la résurrection de JESUS. Quelques mots seront dits au début de la prière eucharistique et chacun, dans son cœur, pourra y joindre sa propre action de grâce.

Dans le sacrifice d’amour de JESUS, tout bien est accueilli et tout mal est vaincu par la miséricorde du Père. Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur, dit l’apôtre JEAN (1 Jn 3, 20). Nous pourrons ainsi demander encore pardon pour ce qui nous semble ne pas avoir été assez proches de l’amour de Jésus dans nos relations avec PIERRE MACHON, ou avec le Seigneur. Nous serons ainsi unis à PIERRE, dans l’espérance de la maison du Père où il y a tant de demeures préparés par JESUS.

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 28.12.2013 13:50 - Mis à jour le : 09.02.2017 14:35