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galet Décès du Père Marcel Epalle

Le Père Marcel Epalle s’est éteint dans la nuit de lundi à mardi le 23 décembre 2014 à la résidence de la Rivière, après quelques mois de maladie. Il avait à l’âge de 83 ans.

Le Père Jo Epalle, son neveu, s’est rendu rapidement auprès de lui, puis a informé sa famille dont ses quatre frères et sœur plus âgés qui résident toujours à Marlhes. Nous pensons à eux, et nous rendons grâce pour les 58 ans de ministère du Père Epalle au séminaire de Montbrison, dans des paroisses de Saint-Étienne et alentour, comme Chancelier et, enfin, à la paroisse Saint Marcellin en Pilat.

Dans l’espérance de la résurrection, une veillée de prière a eu lieu à l’église de Saint-Genest-Malifaux, le vendredi 26 décembre 2014 à 18 h 30 et ses funérailles à l’église de Marhles, le samedi 27 décembre 2014 à 9 h 30.

Homélie

Célébration des funérailles du Père Marcel Epalle
Eglise de Marlhes – 27 décembre 2014
Lm 3, 16-26 ; Ps 129
Jn 10, 7-16

« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ».

Combien sommes-nous présents à avoir bénéficié de la vie donnée de MARCEL EPALLE ? Je dis bien, « sommes-nous » car il est de ceux qui m’ont entraîné à aimer la mission de l’Eglise, ici, dans la Loire.

Cet évangile a été choisi pour la célébration du sacrement des malades qu’il reçut il y a quelques semaines, à sa demande. Alors que nous échangions sur l’onction des malades, il me dit son désir d’être en aube et étole. Je m’étonnais puisqu’il n’était pas nécessaire qu’il soit en aube pour recevoir ce sacrement mais je le rassurais : nous lui apporterions son aube et une étole.

Au cours de la célébration, en entendant l’Evangile, je compris que MARCEL EPALLE voulait recevoir ce sacrement comme prêtre. Il comprenait que sa mort était proche et que celle-ci signifiait donner sa vie, comme il a cherché à la donner au mieux, comme prêtre. Frères et sœurs, comment approchons-nous la mort ? Comme un don ?

La vie humaine est un grand mystère. Nous sentions tous chez le Père EPALLE beaucoup de réserve et de pudeur. Pourtant, dans les derniers temps en particulier, il se confiait parfois avec abondance, dans un dialogue où des questions simples et profondes revenaient. Il y a peu, quand la maladie se précisait, il me retint pendant une heure et demi à son chevet avec comme première question : « Des gens me disent de garder le moral. Mais qu’est-ce qui est le plus important : garder le moral ou garder la foi ? Qu’est-ce que vous en pensez, Père DOMINIQUE ? »

La réponse est dans la première lecture : « Revenir sur la misère où je m’égare, c’est de l’amertume … mais voici que je me rappelle en mon cœur ce qui fait mon espérance : les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées, ses miséricordes ne sont pas finies ».

Le Père EPALLE se tenait au chevet de l’humanité, avec cette foi. Il a aimé, comme cela a été souligné hier à la veillée, accompagner les enfants, les jeunes et les familles. Il trouvait les mots justes pour les enfants comme pour les adultes, car il les aimait. Son attention à la pastorale familiale n’était pas que des mots. Il me demanda de se rapprocher de Marlhes pour pouvoir accompagner ses frères et sœurs aînés. Ses neveux et nièces comptaient beaucoup pour lui. MARCEL avait conscience que l’humanité était blessée mais il ne pouvait se résoudre à une attitude d’exclusion. Il se réjouissait de ce qu’il entendait du Pape FRANÇOIS. Alors, il cherchait avec beaucoup d’honnêteté et de fidélité. « Vous ne pensez pas, Père DOMINIQUE ? », me disait-il souvent. Nul doute qu’il accompagne le synode sur la famille.

Il cherchait, parfois avec une certaine inquiétude, non pas une inquiétude stérile mais une inquiétude salutaire. La foi était comme l’âme de sa recherche, une foi plus forte que son moral. Il aimait revenir à l’Evangile et à JESUS lui-même. En cette fête de Noël, le mystère de l’homme s’éclaire d’une lumière d’espérance. Dieu se fait homme pour que l’homme devienne Dieu, dit Saint IRENEE. Dieu nous rejoint et se fait notre berger qui ne fuit pas à l’approche des loups.

Dernièrement, il m’avait écrit pour exprimer son souci pour les vocations. Je sais qu’il en a parlé à d’autres, comme à JO, par exemple. Il se demandait si sa génération avait bien agi. Il me demandait s’il n’y avait pas un risque de privation de l’eucharistie à ne pas vouloir ordonner des hommes mariés. Plusieurs ont dit hier son attachement à l’eucharistie. Je peux ajouter à la prière.

J’ai dans la mémoire, les cent pas du Père MARCEL EPALLE à l’évêché, le chapelet à la main, après le déjeuner, pendant ses années de chancelier. A l’hôpital, après avoir prié une dizaine du chapelet, il me montra son dizainier, en me disant : « Peut-être que je me trompe mais je pense qu’il y a tout dans le dizainier : le cercle, c’est l’amour fraternel avec MARIE notre mère ; la croix au sommet, c’est l’amour de Dieu pour nous qui descend du ciel. Qu’en pensez-vous Père DOMINIQUE ? »

Nous voici rassemblés par JESUS comme en cercle autour de la table eucharistique où le sommet de l’amour s’accomplit : Ceci est mon corps livré pour vous ! Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ! Accueillons-le comme nous avons accueilli JESUS dans la crèche, dans la joie de Celui qui vient nous faire naître au Ciel, nous apprendre que la vie, jusqu’à la mort, sont un don !

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 29.12.2014 09:12 - Mis à jour le : 14.02.2017 16:33