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galet Décès du Père Diego Martinez

Homélie de Mgr Dominique Lebrun.
Funérailles du père Diego Martinez dimanche 15 mars 2015.

Le père Diego Martinez est décédé le 11 mars 2015 à l’âge de 94 ans. Dans l’espérance de la résurrection une veillée de prière a eu lieu le dimanche 15 mars à 18 h 30 en l’église St Pierre St Paul de la Rivière. Ses funérailles ont été célébrées le lundi 16 mars à 14 heures au même lieu.

« Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. » Jn 6,63

Quelques étapes de son parcours

Cette rapide évocation des différentes étapes vécues par Diego fut lue au début de la messe de funérailles célébrée le lundi matin 16 mars, 2015 .

Diego est né le 30 mai 1920 et baptisé le lendemain à Alquife, dans le diocèse Cadix, en Espagne.Il est venu en France alors qu’il n’avait que 6 mois.
Son père avait dû quitter l’Andalousie. En effet, cette région était si pauvre que beaucoup devaient s’expatrier pour gagner le pain nécessaire à la famille. Il partit, d’abord, pour peu de temps, en Argentine puis vint en France où il trouva du travail comme mineur, dans la Loire. C’est donc là qu’il fit venir sa famille.

Diego fit toute sa scolarité à l’école privée de La Ricamarie. Il n’avait que 11 ans à la mort de son père en 1931. Sa maman a dû travailler dur pour nourrir sa famille. Elle mourut en 1969. Diego très jeune travailla quelque temps en usine. Il y était lors des grèves de 1936… mais très vite il répondit à l’appel qu’il ressentait : être prêtre.

Il entra au séminaire de philosophie à Lyon-Francheville puis continua la théologie au séminaire universitaire de Lyon. Au cours de ses études il obtint la licence de philosophie.

Le 6 janvier 1946, il est ordonné diacre et, le 29 juin 1946, il est ordonné prêtre, par le cardinal Gerlier, dans la cathédrale St Jean à Lyon, pour le diocèse de Lyon-St Etienne. Lorsque le 26 décembre 1970 le diocèse de St Etienne deviendra indépendant de Lyon, Diego sera, de ce fait, prêtre du diocèse de Saint-Etienne.

Jeune prêtre, il avait été nommé vicaire à la paroisse Saint Georges à Lyon.
En juillet 1948, il est nommé dans la Loire, vicaire à la paroisse de grand-Croix Puis en juillet 1951, vicaire à la paroisse d’Izieux et en janvier 1964 à la paroisse St Pierre-St Paulà La Rivière, et chargé des migrants espagnols…
En septembre 1968 il est vicaire à la paroisse Ste Barbe-N.D. de l’Assomption dans le quartier de Méons et toujours chargé des migrants espagnols… et en octobre 1975, il est vicaire à N.D. de la Paix à Solaure… mais en 1977 l’évêque de Saint-Etienne, Mgr Joatton, lui demande de poursuivre des études de droit canon…. C’est ainsi que durant les années 1978-1979 il est à Paris pour préparer sa licence de droit canon.
En 1980, il est chargé des affaires canoniques du diocèse… ce qui ne l’empêcha pas d’être disponible, il y a une dizaine d’années encore, pour le service dominical de telle ou telle paroisse, notamment dans la Plaine du Forez.
Il accomplira fidèlement, jusqu’au bout de ses forces, sa mission de canoniste et restera ainsi à l’évêché jusqu’à sa mort.

Dans la nuit du 11 mars, Diego meurt à l’hôpital-Nord de St Etienne après une courte maladie…Jusqu’au dernier instant, alors qu’il ne pouvait plus parler, il demeurait parfaitement conscient de ce qu’il vivait et donnait encore les signes de son abandon confiant entre les mains de Dieu.

Homélie : Célébration des funérailles du Père DIEGO MARTINEZ

Lundi 16 mars 2015 – Eglise St Pierre – St Paul (Paroisse Saint-Luc)

Is 25, 6a.7-9 ; Ps 15
Jn 12, 24-26

« Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12, 25).

Le Père DIEGO savait bien qu’il était le doyen des prêtres du diocèse, lui qui connaissait par cœur toutes nos années de naissance. Il ne s’est pourtant pas accroché à sa vie. Notre dernière conversation m’a frappé même si j’étais habitué à ses répliques qui allaient avec humour à l’essentiel. Le visitant au CHU, il me dit que le Père EMMANUEL lui a dit au-revoir. Je lui demande si c’est le grand au-revoir. Il acquiesce. Je lui demande alors s’il est prêt pour rencontrer le Seigneur. – « Oui, j’espère », dit-il avec un peu d’humidité dans les yeux puis il ajoute : « je ne suis attendu nulle part ailleurs ».

A vrai dire, je ne pensais pas qu’il nous quitterait la nuit suivante, que le grain de blé tomberait en terre définitivement si vite. « Oui, j’espère ». C’est exactement notre foi, celle du peuple d’Israël qui attend que le voile du deuil disparaisse. Ses yeux, depuis longtemps, était revêtu d’un voile. Bien qu’apparemment il semblait s’être habitué à cette condition, comment ne pas oser se réjouir en croyant qu’aujourd’hui il est entré dans la pleine clarté.

La radio le tenait informé de la vie du monde ainsi que la lecture du journal qu’il faisait ou que, fraternellement, certains parmi vous lui faisait. Quelque fois, à table ou à la chapelle, il en rappelait un élément qui habitait sa vie et sa prière. Il était d’une grande fidélité à la messe du matin à l’évêché, préparant chaque jour ce qu’il faut pour la messe, sans oublier le refrain du psaume qu’il voulait que nous chantions juste, ensemble et sans traîner.

« Celui qui me sert, dit JESUS, mon Père l’honorera » (Jn 12, 26).

D’une mémoire étonnante, ayant acquis une double licence en philosophie et en droit canon, je ne crois pas que DIEGO attendait des honneurs sinon celui d’être accueilli dans la maison du Père : « Je suis attendu nulle part ailleurs ».

« Oui, j’espère ». Soyons nous aussi dans l’espérance plus que dans la certitude qui peut cacher un manque de foi. C’est à Dieu qu’il revient de nous sauver. Nous sommes simplement appelés, si j’ose dire, au service, à être serviteur : « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12, 26). JESUS dit cela alors que c’est la fête de Pâque. Comment suivre JESUS, si nous n’acceptons pas d’entrer dans la mort à sa suite pour recevoir du Père la vie, toute la vie, la vie éternelle ? Si nous n’acceptons pas d’être aimés et sauvés ?

La mort de DIEGO, en pleine lucidité, peut nous interroger au moment où la société elle-même se débat avec ce qu’elle appelle la fin de vie. Elle ne voit plus que la vie se reçoit. La trajectoire de vie de DIEGO impressionne. Migrant à 6 mois, il est devenu un pèlerin du monde, peut-être grâce à Saint Jacques de Compostelle qu’il affectionnait tant, mais aussi, sûrement, à la foi de ses parents. Qu’est-ce qui peut donner sens à une telle vie et à la mort sinon son but, son achèvement dans la vie éternelle ?

Demandons les uns pour les autres, peut-être pour des membres de nos familles malades ou vieillissants, la grâce d’une bonne mort. Nous fêterons Saint JOSEPH cette semaine, le patron de la bonne mort, car il est mort, dit la tradition, en présence de JESUS et MARIE. Tenons-nous fidèlement et humblement en présence du Seigneur, en serviteur, dans la confiance et l’espérance.

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 18.03.2015 16:20 - Mis à jour le : 23.08.2016 06:06