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galet "De retour du Liban" par Mgr Dominique Lebrun

Mgr Dominique Lebrun a séjourné à Beyrouth du 4 au 8 mars 2011 à l’occasion du seizième centenaire de la mort de Saint Maroun. L’occasion de poursuivre les liens créés avec le Liban depuis le jumelage de la ville de Batroun (Liban Nord) et Saint-Etienne (France).

Quatre jours au Liban, c’est court ! Le père MOUNIR m’avait averti lorsqu’il me communiqua mon programme, programme qui se modifia au cours du séjour au gré de la gentillesse des personnes rencontrées.

Hospitalité, communion et foi sont les trois mots qui habitent mon cœur dans l’action de grâce à Dieu, notre Père commun.

L’hospitalité d’un évêque, Mgr PAUL EMILE SAADE qui me reçoit chez lui dans l’évêché à Ffarhay, premier siège patriarcale de l’Eglise maronite, avec simplicité et délicatesse ; l’hospitalité redoublée à la maison du vicaire général, le père MOUNIR KHAIRALLAH, et de toutes les maisons dont j’ai franchi la porte, à commencer par celle des parents du PERE RAYMOND BASSIL, dans un village et une maison de la montagne où l’on sent la vie authentique et profonde.

La communion de deux Eglises locales appartenant à deux traditions de la grande et universelle Eglise catholique. Je me suis senti chez moi même si de notables différences parcourent la vie de nos Eglises. Je cite la vie familiale, véritable pierre angulaire des paroisses, la totalité des enfants de chrétiens baptisés et confirmés à la naissance, le clergé marié coexistant avec un clergé célibataire, une liturgie chantée d’un bout à l’autre, etc.

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La communion s’est manifestée dans l’accueil fraternel des évêques du Liban réunis pour célébrer le 16ème centenaire de la mort de saint MAROUN, considéré comme le fondateur et le trait d’union avec l’Eglise des Pères syriens saint SYMEON LE STYLITE ou SAINT EPHREM, héritière de l’Eglise des apôtres. La communion est aussi celle que procure une histoire omniprésente qui nous relie à Jésus et à sa terre toute proche, malheureusement inaccessible pour raison de conflit. La communion s’est approfondie lors des rencontres avec les prêtres. J’ai été invité, en particulier, à leur réunion diocésaine mensuelle et pris le temps d’un échange avec trois prêtres à la maison de l’un d’entre eux où l’épouse était partie prenante.

La foi fut le thème de bien des échanges aussi. Au fur et à mesure des heures passées ensemble, nous nous ouvrions aux richesses réciproques de nos Eglises : la foi, comme héritage concret, inscrit dans la vie de saints comme dans le paysage et les pierres de l’Eglise maronite ; la foi comme un don de Dieu fécondé par l’élan missionnaire et travaillé par les interrogations de l’humanité, dans notre Eglise de France.

La foi de la tradition monastique très proche de la vie des villages et des villes m’a impressionné. Les monastères sont de véritables centres de vie dont jaillissent de beaux fruits, comme saint CHARBEL ou sainte RAFQA. J’ai aimé visiter la vallée sainte au nord, croisant des pèlerins d’un jour visiblement familiers des lieux et à l’aise dans une piété simple et populaire. Je m’y suis joint en y recevant les cendres, deux jours avant les chrétiens d’occident, cendres qui dessinent une croix bien visible sur les fronts de tous les chrétiens croisés jusqu’au soir.

Les prêtres comme les professeurs de l’université pontificale libanaise, rencontrés quelques heures avant de prendre l’avion, ne cachent pas leur désir d’approfondir la foi telle qu’ils l’ont reçue. Un peu partout, avec l’encouragement de leur évêque, Mgr SAADE, des maisons paroissiales s’édifient alors que l’église était souvent l’unique maison commune. Ils ont aussi conscience de leur situation unique dans un pays où cohabitent depuis longtemps musulmans et chrétiens. Sans doute y-a-t-il là un terrain de dialogue dont le diocèse de Saint-Etienne pourrait tirer profit à l’avenir.

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En quittant Batroun et le Liban, je sens les liens de jumelage initié en 1997 entre nos deux diocèses, Batroun et Saint-Etienne, renforcés par une connaissance mutuelle approfondie et un désir de poursuivre le chemin à pas sûrs, joyeux et humbles.

Nous accueillerons avec plaisir une trentaine de jeunes sur le chemin des JMJ de Madrid cet été dont j’ai pu faire la connaissance sur place. Et, à partir de septembre, nous recevrons le Père SAMI NEHME qui prendra, en quelque sorte, le relai du père RAYMOND BASSIL qui me fut un guide savant, prévenant et fraternel pendant ces quatre merveilleuses journées.

Ma gratitude est grande envers Mgr PAUL-EMILE SAADE pour l’invitation qu’il m’a lancée lors de notre rencontre à Rome à l’occasion du Synode des Eglise du Moyen-Orient. Nous l’attendons maintenant à Saint-Etienne où il sera le bienvenu. Mes remerciements, à travers lui, rejoignent ceux qui m’ont reçu et ceux qui font vivre le jumelage entre nos deux diocèses autour du père LOUIS TRONCHON et du pèreMOUNIR KHAIRALLAH.

Avec une attention renouvelée et une grande confiance en l’Esprit Saint tant invoqué ensemble ces jours-ci, j’accueillerai avec joie la nouvelle de l’élection du successeur du Patriarche NASRALLAH SFEIR, conscient de la page historique qui se tourne pour l’Eglise maronite et le Liban, et dont il m’a été donné d’être témoin par l’ouverture du cœur de mes hôtes.

Que Notre-Dame du Liban, notre Mère, et saint Etienne, premier martyr, veillent sur nos deux Eglises et que Dieu, par leur intercession, les bénissent.

+ DOMINIQUE LEBRUN
Evêque de SAINT-ETIENNE


Photos : Mgr Dominique Lebrun





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Publié le : 14.03.2011 13:33 - Mis à jour le : 14.03.2011 15:42