Accueil > Le diocèse > Mgr Dominique Lebrun, ancien évêque de Saint-Etienne > Homélies de Mgr Dominique Lebrun ancien évêque de Saint-Étienne
Inscription Pélé du Puy 2017

Don en ligne

galet De la Semaine Sainte à Pâques 2010 : Homélies de Mgr Dominique Lebrun

Du dimanche des Rameaux au Samedi Saint, le chrétien vit un parcours de confiance en regardant le Christ qui offre sa vie pour l’humanité toute entière, par sa mort sur la croix. C’est là, sur ce parcours, que le chrétien expérimente l’essentiel du message de la foi. Chaque moment de la Semaine Sainte marque une étape importante.

Veillée pascale : Homélie de Mgr Dominique Lebrun

C’est le temps de l’annonce de la résurrection. C’est le moment fort où l’on allume le grand feu qui éclaire nos vies, et où l’on bénit l’eau par laquelle seront baptisés celles et ceux qui se sont préparés pour entrer dans la grande famille des chrétiens.

Veillée pascale – 3 avril 2010

Homélie

Frères et sœurs, ils sont finis les jours de la passion !

C’est ce que nous croyons, c’est ce que nous essayons de croire ! Le feu a illuminé la nuit, l’alléluia a retentit sous les voûtes de notre cathédrale, l’eau s’apprête à couler …

Ils sont finis les jours de la passion : ce sont les mots avec lesquels je vous bénirai à la fin de notre célébration. Sont-ils bien finis les jours de la passion ? Probablement, comme les femmes au tombeau, nous ne savons encore que penser … elles sont mêmes saisies de crainte … quant aux disciples, ils jugent délirants les propos des femmes ; et Pierre s’en retourne chez lui tout étonné de ce qui est arrivé (Lc 24, 12) ! Sans doute, ses pieds, comme nos pieds, traînent-ils trop de poussière pour croire qu’ils sont finis ?

Cette nuit, interrogeons-nous sincèrement. Que signifie : ils sont finis les jours de la passion ?

Plus jamais, le fils de Dieu ne sera mis à mort. Le tombeau n’a pas pu retenir le corps de Jésus. Le corps de Jésus a disparu. Et le linceul est resté là, détail précieux qui courre jusqu’à nos jours. Et Jésus ? Il n’est pas ici, disent deux hommes au vêtement éblouissant, il est ressuscité (Lc 24, 6).

JPEG - 44.4 ko
Veillée pascale - photo Michel Mansuy

Oui, ici s’achève la longue aventure commencée à la création : Dieu parla, Dieu dit et le cosmos apparut avec ses êtres vivants. A son sommet la créature belle et bonne, joyeuse et féconde que sont l’homme et la femme ; aventure qui, bien que trop vite marquée par le péché, s’est poursuivi de long siècles. Dieu décida de rétablir la vérité de son œuvre d’amour. Noé, Abraham, Moïse, et les prophètes – que nous avons entendus ce soir - seront des porte-voix de la Parole d’origine, par leur bouche et par leur vie : fin du déluge, sacrifice d’obéissance, passage de la mer rouge, avertissements et promesses d’amour trouvent leur sens au tombeau vide : Il faut en finir avec la mort puisque Dieu est le Dieu de la vie !

Ils sont finis les jours de la passion, parce que la mort est vaincue et, avec elle, les mensonges et trahisons, l’orgueil et la haine qui jalonnent les jours de la passion du monde ! Il faut en finir avec le mal puisque Dieu est le Dieu de l’amour. Écoutez comment le prophète Isaïe l’a dit d’une manière merveilleuse :

Ton époux, c’est ton créateur,
Seigneur de l’univers est son nom.
Ton rédempteur, c’est le Dieu saint d’Israël.
Il se nomme « Dieu de toute la terre ».
Oui, comme une femme abandonnée et désolée, le Seigneur te rappelle.
Est-ce qu’on rejette la femme de sa jeunesse ?, dit le Seigneur ton Dieu.
Un moment je t’avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse, je te rassemblerai (Is 54, 5-6)

JPEG - 21.3 ko
La réssurection du Christ et les femmes aux tombeaux de Fra-Angelico (fresque 1440-1441- Italie)

Ces mots de tendresse étonnaient au VI° siècle avant Jésus Christ … ils étonnent encore !

Pas étonnant que ce soit des femmes qui, les premières, aperçurent les lueurs de la résurrection ; pas étonnant que ce soit des femmes qui entendirent l’annonce : Il n’est pas ici, il est ressuscité ; pas étonnant que ce soit des femmes qui rendirent à Pierre l’espérance.

Ils sont finis les jours de la passion pour ces femmes comme pour tous les baptisés. Car nous avons été mis au tombeau avec Jésus (Rm 6, 4), dit St Paul. Nous sommes descendus avec Jésus dans la profondeur de la terre pour retrouver la puissance du Père, la toute-puissance du Père, proclame St Paul : nous avons été mis au tombeau avec lui pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts (Rm 6, 4).

La toute-puissance du Père est notre vie nouvelle. Ce ne sont pas nos efforts de carême ! Bien sûr la souffrance n’a pas disparu. Mais la Passion de Jésus est terminé. Si nous sommes unis à Jésus, nos pas seront ceux du Ressuscité qui poursuit son chemin sur la terre, déjà remise entre les mains du Père. La souffrance, le péché lui-même, la mort ne peuvent plus avoir la même place dans nos vies. La première place est pour notre Père ! Quelle joie d’avoir reçu le « Notre Père », prière inépuisable donnée par le Fils et qui ne peut se dire qu’en union avec lui !

N’imaginons pas le Royaume ou le rassemblement promis par Isaïe ailleurs que dans le cœur de l’homme, de la femme et de l’enfant qui accueille l’amour du Père tout-puissant. Quelle joie de pouvoir dire à Dieu tout simplement : Père, notre Père !

Les saints sont les témoins de la présence du Ressuscité. Ils ont traversé et traversent comme nous les déluges et les malheurs de la vie mais le cœur accroché au Père par Jésus et dans l’Esprit Saint. L’importance de la prière dans leur vie témoigne de leur lien vital avec le Père.

Le baptême nous a fait citoyens du Royaume et membres du peuple saint. Ce n’est pas qu’il y aurait derrière l’ultime galaxie une autre terre sans risque et un peuple impeccable. Le Royaume est partout où les pas du ressuscité nous conduisent, sur terre comme au ciel, en famille comme au travail !

Puisse la fête de Pâque, nous renouveler dans la mémoire et la vérité de notre baptême : Dieu nous a donné tout son amour, Dieu nous a installé dans son amour intérieur, celui qu’il partage avec son Fils et qui porte un nom car il est l’amour en personne : l’Esprit Saint.

Ils sont finis les jours de la passion car nous sommes ressuscités avec Jésus. Ils sont finis les jours de la passion car sa joie entre dans nos cœurs jusqu’au jour où, passant de ce monde à son Père, nous

+Dominique Lebrun
Évêque de Saint-Étienne

- Télécharger le document au format PDF


Vendredi Saint : Homélie de Mgr Dominique Lebrun

Le Vendredi Saint commémore la Passion du Christ, de l’arrestation à la mort, jusqu’à la mise au tombeau. C’est un moment particulier pour déposer nos douleurs et nos souffrances aux pieds du Dieu d’amour qui s’offre à nous, au pied de la croix.

Vendredi saint – 2 avril 2010
Is 52,13-53,12 ; Ps 30
He 4, 14-16 ; 5, 7-9 ; Jn 18, 1 – 19, 42

Homélie

Pourquoi ce long calvaire ? La question est celle de toute l’humanité souffrante. Une humanité souffrante mais qui cherche toujours de nouveaux chemins. Pourquoi ce long calvaire ? La question est aussi celle de personnes autour de nous, peut-être parmi nous, qui souffrent au-delà du supportable ? Pensons à des personnes en fin de vie, à des couples dont le rêve se brise, à des enfants maltraités, et à bien d’autres situations.

Simon-Pierre ne comprends pas non plus. Il se rebelle et sort son épée. Mais Jésus n’a qu’une idée en tête, plutôt qu’une personne en tête : son Père.

Est-ce que je peux refuser la coupe que le Père m’a donnée à boire ? (Jn 18, 11).

JPEG - 25 ko
Peinture de Michael Adams

De quelle coupe s’agit-il ? La coupe est pleine, disons-nous familièrement quand trop c’est trop. Dans le langage biblique, nous ne pouvons pas ignorer le signe de communion de la coupe. Le Père de famille est celui qui remplit la coupe des invités. Et, lors de repas rituels, la coupe passe aussi de main en main et chacun y trempe ses lèvres à son tour. Jésus reçoit la coupe de communion pour nous la proposer.

Jésus est dans l’obéissance car il est en communion d’amour avec son Père. Alors il ne peut refuser la coupe, car il a soif. J’ai soif (Jn 19, 28) : ultime parole avant de dire tout est accompli (Jn 19, 30) !

Ce soir contemplons cette obéissance vécue dans l’amour. Elle conduit le Fils bien-aimé sur la croix, par amour et par soif d’amour. Rien ne peut étancher cette soif sinon l’amour d’origine qu’est le Père.

Cela nous invite à mettre notre vie en strict dépendance de l’amour vrai. Un amour vrai qui n’accepte pas la souffrance pour la souffrance mais, tout au plus, comme l’expression d’un désir, d’une soif d’amour total. Un amour vrai qui ne dissimule pas les défigurations dont nous sommes et victimes et acteurs.

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? (Is 53, 1) disait déjà le prophète Isaïe à propos du serviteur souffrant devant qui les rois de la terre restent bouche bée.

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Tout est accompli (Jn 19, 30).

Les petits roitelets de la terre que nous nous croyons être de temps à autre ont à se taire ce soir devant l’obéissance du Fils. Et demain, samedi saint, prenons le temps du silence pour attendre ce que notre foi nous révèle déjà par notre prière, par l’adoration de la croix et par la communion au pain de vie.

+Dominique Lebrun
Évêque de Saint-Étienne

- Télécharger le document au format PDF


Jeudi Saint : Homélie de Mgr Dominique Lebrun

Le Jeudi Saint commémore le dernier repas de Jésus avec les disciples, au cours duquel, lui le maître, s’abaisse devant eux, leur lave les pieds et leur signifie ainsi l’importance du service humble. C’est ce soir-là que nous faisons mémoire du don du Christ par l’eucharistie.

Jeudi Saint – le 1er avril 2010
Ex 12, 1-8.11-14 ; Ps 115
1 Co 11, 23-26 ; Jn 13, 1-15

Homélie

Jésus, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. (Jn 13, 1).

En méditant le récit de la passion dimanche, nous avons rencontré Jésus avançant seul entre des ennemis malhabiles et des amis peureux. Lui, l’enchaîné se révélait être le maître de la situation. La maîtrise de son destin a une source : sa relation à son Père des cieux.

Saint Jean ouvre le récit du lavement des pieds des disciples sur cette relation déterminante de Jésus à son Père : Jésus, sachant que l’heure est venue pour lui de passer de ce monde à son Père.

JPEG - 23 ko
Bénédiction des enfants à la cathédrale Saint Charles - photo Défrade

Le Fils de Dieu s’est fait homme pour cette heure-là : passer de ce monde à son Père. Nous pourrions dire passer du cosmos à son Père puisque tel est le mot original grec traduit par monde : Kosmos ! Quitter le cosmos ? Pouvons-nous l’imaginer ? Passer du cosmos, de cette terre avec ses étoiles et ses galaxies, non pas à un autre cosmos mais à son Père !

Le Père de Jésus, son Père, est ce qui compte pour Jésus. Le dire ainsi est dire trop peu. Le sein du Père est sa maison, est sa patrie, est sa vie. Il part habiter chez son Père et peu importe les levers et couchers du soleil, les rives du Jourdain ou les collines de Galilée, peu importe Mars ou Jupiter. Cela n’est pas sans nous rappeler l’évangile du Fils prodigue qui retourne chez son Père et son Père l’accueille en ses bras. Deux versets plus loin, après avoir affirmé l’intention malveillante de Judas, saint Jean confirme dans quelle condition d’esprit est Jésus : sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu (Jn 13, 3).

Le Cosmos est un don du Père entre ses mains. Le Père est l’origine de sa mission, le Père qui est Dieu, le Père dont il vient et où il retourne.

La simplicité de ces affirmations est leur force. Il nous arrive de chercher midi à quatorze heures, si j’ose dire. L’heure est venue pour Jésus de retourner chez son Père d’où il est venu, non sans avoir accompli d’ultimes gestes.

JPEG - 95.6 ko
Sculpture église de Boën - photo Défrade

Jésus, à qui son Père a tout remis, se dépouille de ses vêtements pour laver les pieds de ses disciples, les pieds salis par la poussière du monde. Jésus va jusqu’au bout de l’amour : ayant aimé les siens qui étaient dans le monde.

Ces pieds sont ceux d’Adam qui ont quitté le paradis pour errer sur la terre ; ces pieds sont ceux du peuple hébreu qui a tant de mal à se laisser guider vers la terre promise et rêve parfois d’un retour à l’esclavage d’Egypte ; ces pieds sont aussi les nôtres : Notre tête est souvent pleine de bonnes intentions et notre cœur est ardent mais nos pieds traînent ou nous entraînent là où il ne faudrait pas aller.

Si c’est cela, ne serions-nous pas prêts à nous reconnaître pécheurs à la manière de Pierre qui réclame d’être lavés de la tête aux pieds ? Mais voilà que Jésus le prend à revers : Quand on vient de prendre un bain on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. (Jn 13, 10)

Pierre a-t-il compris qu’en Jésus le Père a tout remis et que, dès cet instant, nous sommes purifiés dans le cœur très saint de Dieu ? Plus tard, tu comprendras, lui dit Jésus (Jn 13, 7). Probablement quand Jésus ressuscité lui demandera : Pierre m’aimes-tu (Jn 21, 15) ?

Ce soir, nous accueillons le Fils bien aimé dans son eucharistie. Il vient du Père et retourne à son Père ; mieux il nous retourne à son Père. Levant les yeux au ciel, telle fut l’attitude de Jésus racontée par les évangélistes au moment de la multiplication des pains (cf Mt 14, 9 et Mc 6, 41), telle sera l’attitude de celui qui tient sa place comme le prévoit la première prière eucharistique au moment d’accueillir le pain venu du ciel. Ensemble, dans l’action eucharistique, tournons notre cœur vers le Père, par Jésus.

Ce soir, laissons-nous aimés par le Père de qui nous venons et vers qui nous allons par Jésus … peut-être un peu longuement si nous prenons le temps aussi de l’adoration. Laissons-nous prendre tout entiers, par Jésus, dans le désir d’aller vers le Père, Dieu impassible devant nos errements et impatients de nous voir nous aimer les uns les autres, à la manière de Jésus : C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. (Jn 13, 15).

+Dominique Lebrun
Évêque de Saint-Étienne

- Télécharger le document au format PDF


La messe chrismale, premier grand office de la Semaine Sainte après la bénédiction des Rameaux, a réuni autour de Mgr Dominique Lebrun prêtres , diacres et fidèles à la cathédrale Saint Charles. Il a consacré les huiles saintes qui seront utilisés en particulier pour les nouveaux baptisés de Pâques et toute l’année pour les baptêmes, confirmations, ordinations de prêtres et le sacrement des malades. C’est aussi le jour où les prêtres renouvellent leurs engagements.Trois prêtres qui ont 60 ans et 50 ans de vie sacerdotale ont été mis à l’honneur.

Célébration de la messe chrismale : Homélie de Mgr Dominique Lebrun

Messe chrismale – mardi 30 mars 2010
Is 61, 1-3a.6a.8b-9 ; ps 88
Ap 1, 5-8 ; Lc 4, 16-21

Ceci est mon corps livré pour vous !

Frères prêtres, combien de fois n’avons-nous pas prononcé cette parole de Jésus ? Frères et sœurs, combien de fois ne l’avez-vous pas entendu et n’y avez-vous pas communié ? Au fur et à mesure de nos rencontres, frères prêtres, je mesure quel amour, quelle fidélité à l’amour, quel combat aussi, représente cette parole, cœur de notre vie de prêtre, sommet de la vie de Jésus.

Que l’évangile et la fête de ce soir nous aident à l’accueillir à nouveau.

Cette parole de l’Ecriture, dit Jésus, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. Il parle de la belle prophétie d’Isaïe annonçant la libération des prisonniers et la vue rendue aux aveugles. Cela était vrai car ce n’était pas un fantôme ou un pur esprit qui s’est présenté à la synagogue de Nazareth. C’était celui qui, ayant grandi, dira en vérité, en allant au bout de l’amour : Ceci est mon corps livré pour vous !

JPEG - 57.5 ko
Consécration des huiles saintes (photo d’archive 2009, Eglise à St Etienne)

Cela demeure vrai parce que, au sein de son Église, des hommes, en chair et en os, continuent de dire Ceci est mon corps livré pour vous, en rejoignant le bout de l’amour. Et ce bout de l’amour est véridique car des chrétiens, de bien des manières, participent à la libération des prisonniers, au combat contre la cécité, à la lutte contre la pauvreté. Cela est véridique aussi parce que d’autres que des chrétiens participent aux victoires de l’amour et que nous les accueillons dans l’action de grâce du Fils pour l’œuvre du Père et de l’Esprit.

Au centre de l’Eucharistie, au centre de l’Église, au centre de la vie du monde, il y a le don du Corps de Jésus, par amour ! Un corps façonné dans le sein de la Vierge Marie, un corps engendré par l’Esprit Saint, l’amour en personne. Au centre de notre vie, au centre de notre communauté, il y a le réalisme de l’eucharistie, le réalisme de l’incarnation : Ceci est mon corps livré pour vous !

Frères prêtres, le célibat qui est le nôtre fait partie de ce réalisme. Chaque fois que nous disons « Ceci est mon corps livré pour vous » nous le disons au nom de Jésus et nous le disons en notre nom aussi. Nous le disons en vérité et avec réalisme pour la communauté, et pour le monde.

Le réalisme de l’incarnation n’est pas fait de raisonnement nécessaire ; il est fait d’amour gratuit. C’est pourquoi nous assumons le célibat non comme une règle nécessaire mais comme un appel à aimer du plus grand amour. Pourquoi Jésus était-il célibataire ? C’est cette question que nous posons quand nous nous demandons, quand la communauté voire la société nous demande : pourquoi êtes-vous célibataire ? La condition de célibataire de Jésus est le fondement suprême de notre engagement.

Pourquoi Jésus était-il célibataire ? La réponse est difficilement compréhensible … sauf peut-être par les plus pauvres ; ceux précisément qui sont dans la solitude de la prison ou de la cécité ; ceux qui sont dans l’oppression et qui attendent une année de bienfaits. Notre célibat n’est vrai que s’il est signe de pauvreté et de communion avec les plus pauvres ; s’il est en même temps union à Jésus qui s’est fait pauvre et chaste. >>Lire la suite Télécharger le document au format PDF

+Dominique Lebrun
Evêque de Saint-Étienne


"Porche d’entrée de la Semaine Sainte, c’est le temps de l’acclamation de Jésus entrant dans Jérusalem, et celui de la contemplation des derniers moments de Jésus juste avant sa mort sur la croix (on y lit le récit de la Passion).

Célébration des Rameaux : Homélie de Mgr Dominique Lebrun

Dimanche des rameaux – 28 mars 2010
Is 50, 4-47 ; Ps 21
Ph 2, 6-11 ; Lc 22, 14 – 23, 56

Homélie

D’où vient ce petit air de fête ? D’où vient cet air de joie sinon des rameaux que nous tenons en main, sinon de la présence de nos frères et sœurs, sinon de votre cœur venu chercher l’espérance.

D’où vient cette espérance, un jour où nous lisons le récit de la passion de Jésus, le récit de son arrestation, de sa condamnation, de sa mort et de sa mise au tombeau ?

Ce matin, qui donne le ton à votre présence, à notre célébration, à votre vie ?

Au fond qui est le maître dans cet évangile ? Le grand prêtre, Pilate, Hérode chez qui successivement Jésus sera traîné ? Est-ce la foule qui réclame sa mise à mort ou les chefs des prêtres qui ont comploté ? Est-ce Pierre, Judas, le centurion, les saintes femmes ou Joseph d’Arimathie ?

JPEG - 72.1 ko
Peinture de Taddio di Bartolo- photo AGLI-ORTI

C’est bien Jésus qui est le maître ! C’est lui le maître alors qu’il est arrêté et conduit de fausses accusations en faux témoignages ; c’est lui qui demeure le maître alors qu’il est trahi par les siens, chargé de la croix et mis à mort. Et pourquoi ? Parce qu’il ne cesse d’être en relation avec son Père : Et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi, affirme Jésus aux apôtres.

Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne, dit Jésus à son Père au plus fort de l’angoisse.

Et enfin, dans l’acte suprême de sa vie : Père, entre tes mains je remets mon esprit. Non sans avoir dit au préalable : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Frères et sœurs, à bien des moments de notre vie, nous pouvons nous sentir perdus et l’être réellement aux yeux des hommes : situation matérielle angoissante ; famille qui s’écroule ; maladie inexorable ; économie et politique qui ne répondent plus.

Alors ne nous détournons pas de Celui qui nous montre le chemin du Père. C’est le chemin intérieur, c’est le chemin du cœur qui sait que l’amour du Père ne lui manquera jamais. Peut-il exister, ce chemin de vérité et de paix, sans la prière, la prière du cœur et la rencontre de Jésus ?

Pouvons-nous chacun et chacune dire au fond de nous même ces deux prières de Jésus : Père entre tes mains, je remets mon esprit ? Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ? Essayez chaque soir de cette semaine de prier ainsi avec Jésus.

Puisse cette semaine sainte, vivifier à nouveau notre lien au Père. Puisse cette semaine nous réapprendre à faire de notre vie une espérance reçue du Père par Jésus dans l’Esprit Saint.

+Dominique Lebrun
Evêque de Saint-Étienne

- Télécharger le document au format PDF





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 03.04.2010 02:07 - Mis à jour le : 20.05.2010 13:44