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galet Clôture de l’année sacerdotale : homélie de Mgr Dominique Lebrun

A l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale, une messe a été célébrée vendredi 11 juin à 18 heures en l’église du sacré Coeur de la Terrasse (paroisse Bienheureux Antoine Chevrier).

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Vendredi 11 juin 2010
Homélie à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale
Solennité du Sacré-Cœur de Jésus à l’église du Sacré-Cœur à La Terrasse – Saint-Etienne (Paroisse Bx Antoine Chevrier).
Ez 34, 11-16 ; Ps 22 ; Rm 5, 5b-11 ; Lc 15, 3-7 [1]

Homélie

Il y a deux mille ans, une petite histoire appelée « Parabole » a été écoutée, répétée, écrite et transmise jusqu’à nous ce soir … jusqu’à ce vendredi où, à Rome autour du Pape comme en d’innombrables églises du monde entier, des chrétiens fêtent le Cœur de Jésus.

Jésus, à l’instant où il donne cette parabole, ouvre son cœur pour que l’amour infini du Père rejoigne l’homme pécheur que je suis, l’enfant, l’homme et la femme que vous êtes, pécheurs. La porte du bercail s’ouvre en même temps que celle du Cœur de Jésus.

Accueillons bien cet évangile et, encore plus, le mouvement d’amour du Père que le Fils révèle. Ce mouvement d’amour est joie, joie intérieure d’abord : « Tout joyeux » est celui qui a retrouvé la brebis perdue ; joie communiquée ensuite « à ses amis et à ses voisins » ; joie du Ciel enfin !

Trois fois, St Luc évoque cette joie, comme si elle était la joie des trois personnes de la Trinité : joie intérieure de l’Esprit Saint qui parcourt le monde à la recherche de la brebis ; joie du Fils qui ne cesse d’inviter ses amis et ses proches ; joie du Père qui est aux cieux.

En fêtant le Cœur de Jésus, c’est l’œuvre du Père, du Fils et de l’Esprit Saint qui se révèle à notre cœur, à l’intime de nous-mêmes comme de nos communautés.

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"Réjouissez-vous avec moi car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue"

Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit-Saint est à la recherche de la brebis perdue. Une sur cent ? Les pères de l’Eglise ont bien compris que sa manière de parler n’est pas celle des statisticiens. Pour Saint Irénée comme pour Saint Pierre Chrysologue, la brebis perdue n’est autre qu’Adam chassé du bercail, le paradis. Elle s’est multipliée et sont devenues errantes dans le désert, jusqu’à perdre la mémoire du jardin possible, du jardin qui les attend. Le Père retrouve dans le sein de la Vierge Marie la brebis perdue, « ma brebis » dit l’Evangile.

"Le Christ et venue dans le monde chercher la brebis et il l’a retrouvée dans le sein de la Vierge. Il est venu, il est né dans la chair, il a placé la brebis sur la croix et l’a prise sur les épaules de sa passion. Puis, tout rempli de la joie de la résurrection, il l’a élevée, par son ascension, jusqu’à la demeure du Ciel", dit Saint Pierre Chrysologue. [2]

Le Fils prend chair et il devient le nouvel Adam, comme dit Saint Paul, le nouvel Adam qui prend la tête du troupeau en devenant l’Agneau de Dieu offert pour les péchés du monde. Seul le sein virginal de Marie a permis ces retrouvailles, seul le « oui » pur et entier, humble et vrai de la Vierge Marie pouvait permettre ce retour.

Petite histoire racontée et écoutée, il y a deux mille ans, notre parabole ouvre la porte du cœur de notre Dieu non pas à une au milieu de 100 mais à toute l’humanité, à tous les fils d’Adam et à chacun d’eux aimé comme s’il était unique.

Cette petite histoire est au cœur de la vocation du prêtre. Il est envoyé pour que vive cette rencontre dans le sein de l’Eglise comme elle s’est vécue historiquement dans le sein de la Vierge Marie. Singulièrement, le baptême est la plongée dans l’amour trinitaire qui accueille le converti, plongée qui se renouvelle à chaque fois que nous entendons « je te pardonne au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », dans le sacrement du pardon. Et cela n’est possible que par le « oui » de l’Eglise dans lequel se forge le « oui » du prêtre.

En cette fête du Sacré-Cœur de Jésus comment ne pas rendre grâce pour le don du sacerdoce où s’exprime dans l’être même du prêtre tout l’amour trinitaire : par l’onction de l’Esprit Saint, l’humanité du prêtre est consacrée pour être, dans le Fils, la Parole qui appelle, et se faire l’écho du Père qui attend les brebis déjà sauvés.

« Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins » (Lc 15, 5). Frères et sœurs, à chaque eucharistie, le prêtre vous invite, amis et voisins. Communions à la joie du Père de nous avoir invités chez Lui, par la grâce du sacerdoce. Et laissons-nous aimés jusqu’à nous laisser prendre sur les épaules de Jésus, tout prêt de son Cœur, jusqu’à nous laisser porter sur la croix pour que soit crucifié notre péché et que ressuscitent notre cœur et notre corps.

+ Dominique Lebrun Evêque de Saint-Etienne

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Homélie à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale


[1] Evangile
Sacré Coeur
Lc 15, 3-7
Jésus disait cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ’Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’ « Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

[2] Sermon 168, 4-6.




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Publié le : 11.06.2010 19:00 - Mis à jour le : 30.11.2010 20:45