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galet Chantal Giraudon, coopérante, revient de trois ans passés au Bénin. Elle témoigne de son expérience

De retour en France après trois ans de coopération au Bénin, Chantal Giraudon, originaire de notre diocèse, a bien voulu nous apporter son témoignage alors que commence la semaine missionnaire.

Témoignage de Chantal Giraudon

Infirmière de formation, Chantal Giraudon a passé trois ans au Bénin dans le cadre de la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC) [1]. De retour en France depuis août dernier elle évoque avec nous cette expérience enrichissante tant professionnellement, humainement que spirituellement.

- Chantal Giraudon, comment décide-t-on un jour de devenir un temps, coopérante ?

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Chantal Giraudon

C’est quelque chose qui me faisait envie depuis longtemps, bien avant de commencer mes études d’infirmière. Je suis "tombée" sur un article de la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) qui correspondait à ce que je voulais faire : une mission de longue durée, en contact direct avec la population. J’ai contacté l’association et préparé un dossier pour une première sélection. La DCC étudie les candidatures en prenant en compte plusieurs critères : votre parcours professionnel, votre parcours de vie, vos engagements et votre équilibre personnel.

- Quelles sont les modalités pour bien se préparer ?
J’ai suivi deux stages, le premier était une formation sur l’inter-culturalité, le deuxième était une session d’orientation pour approfondir son projet de volontariat, ce qu’on veut faire, où... . Durant ce stage, la DCC analyse notre profil et nous propose une mission. Enfin, il y a eu un dernier stage de douze jours de préparation au départ. Cette année-là, en 2006, nous étions 1800 jeunes à partir.

- Comment votre famille a-t-elle perçu votre décision ?
J’en parlais souvent et elle s’y attendait, elle m’a donc soutenue. Mes parents sont venus me voir une fois, puis l’année suivante, ce furent mes sœurs.

- Vous n’avez pas choisi votre destination, le Bénin ?
Non, mais j’avais mentionné mes préférences pour l’Afrique. Avec mes compétences professionnelles, j’avais de forte chance de répondre à la demande d’un partenaire.

- Vous vous retrouvez donc à Abomey ?
Oui, à 10 kilomètres de cette ville [2] dans un grand centre de santé qui comptent 300 lits, géré par des religieux, les Pères Camillien (de la fraternité de Saint Camille de Lellis), en place au Bénin depuis trente ans. Ils travaillent avec des coopérantes depuis quinze ans. J’ai remplacé une jeune fille qui avait terminé sa mission.

- Quelques mots sur le centre de santé et votre travail au quotidien ?

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Chantal fut soutenue dans sa mission par une interprète

Le centre est divisé en deux parties (trois si on compte le centre féminin où des jeunes filles apprennent la couture). Une réservée à la chirurgie (où une autre coopérante travaillait) et l’autre au dispensaire. C’est là que je donnais des consultations pédiatriques - il n’y a pas de médecin. Au total, le personnel comprend une quarantaine de personnes dont quatre français : deux coopérantes, le Père Christian et le Père Bernard.
La vocation du centre est d’être accessible aux plus pauvres et de soigner le plus de personnes possible car beaucoup ne peuvent avoir accès aux soins d’un hôpital public, trop onéreux. Pour ma part, je faisais beaucoup de prises en charge d’enfants malnutris. Ce service existait déjà mais j’ai pu le développer et améliorer les relations avec les familles grâce au soutien d’une aide soignante qui me servait aussi d’interprète. Au Bénin, la langue nationale est le français mais beaucoup de gens, pour la plupart agriculteurs, ne parlent que le dialecte local.

- Ce fut un investissement assez lourd ?
Oui ! Travailler en autonomie engage de grandes responsabilités, mais, malgré le rythme assez intense, ce fut un enrichissement ; un engagement très fort. De plus, exercer en pédiatrie alors qu’au préalable, après mes études j’avais travaillé en maison de retraite, m’a permis d’acquérir une autre expertise de mon métier.

- Et votre vie personnelle ?

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Consultations pédiatriques

Je vivais dans une maison avec l’autre coopérante, au sein de la communauté des Pères avec qui nous prenions les repas. J’ai quand même pris le temps de visiter la région (notamment en septembre durant lequel le centre est fermé). Une fois par an, nous organisions également une rencontre entre coopérants du Togo et Bénin. Cela permettait de garder des liens et d’évoquer notre mission.

-  Durant ces trois ans, quels liens avez-vous entretenus avec le service de la Mission Universelle de l’Église ?
Je donnais régulièrement de mes nouvelles, je restais aussi en lien avec ma paroisse (Saint Jacques du Haut Levant) qui a organisé des quêtes, une journée d’informations, un temps avec les enfants du caté.

- Spirituellement, ce fut un enrichissement ?
Cela a été un enrichissement dans ma pratique, dans la relation que j’ai créé avec les gens que j’ai pu côtoyer, mais le contact avec les religieux locaux fut un peu plus compliqué.....

- Et aujourd’hui ?
Maintenant, j’ai envie de me poser, de faire profiter de mon expérience et de partager ce que j’ai vécu là-bas. Je ne souhaite pas repartir pour l’instant, mais il est certain que je vais garder des liens avec les personnes que j’ai rencontrées. Et puis, je vais chercher du travail.

- La coopération exige un certain don de soi ?
Ce n’est pas qu’un don de soi. On part avec l’envie de découvrir autre chose, un pays, une autre culture tout en donnant ce qu’on peut aux gens.

Propos recueillis par Frédérique Défrade


[1] La Délégation Catholique pour la Coopération (DCC) est la première association française d’envoi de Volontaires de Solidarité Internationale. Elle a pour mission d’envoyer des volontaires sur des projets de développement menés par les communautés catholiques du monde entier. Présente dans 70 pays, la DCC compte 390 coopérants sur le terrain. Chaque année, 230 volontaires sont envoyés dans tous les domaines de développement et dans tous les types de métier. Par ce volontariat elle propose aux jeunes une expérience humaine, spirituelle et professionnelle. La DCC est à la fois un Service d’Église (elle fait partie de la Mission Universelle de l’Église) et une ONG de développement agréée par l’État.

[2] ville de 78 000 habitants, chef-lieu du département de Zou




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Publié le : 10.10.2009 00:36 - Mis à jour le : 12.01.2015 11:36