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galet Anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II : témoignages d’une nouvelle Eglise en marche

Le 11 octobre 1962, à Rome, le pape Jean XXIII ouvrait le Concile Vatican II par ces mots : "Notre Sainte Mère l’Eglise est dans la joie !" 50 ans plus tard, le dimanche 14 octobre 2012, les diocèses du monde entier étaient en joie de fêter cet évènement essentiel pour l’Eglise universelle et le monde. Plusieurs témoins de notre diocèse ont évoqué les points importants de ce concile lors d’une projection vidéo avant la célébration.

- [Schéma des textes du concile Vatican II->http://www.eglise.catholique.fr/act...]

On raconte qu’un jour où on demandait au pape Jean XXIII à quoi allait servir le Concile, il ouvrit une fenêtre et déclara, « Je veux ouvrir largement les portes de l’Église afin que nous puissions voir ce qui se passe à l’extérieur et que le monde puisse voir ce qui se passe à l’intérieur de l’Église ». Que retenez-vous de ces moments de l’annonce, de la préparation et de l’ouverture du Concile ?

DANIEL ALEZINA, prêtre du diocèse de Saint-Etienne

En janvier 1959, j’étais étudiant sur les bancs du séminaire à Lyon. Quand le bon pape Jean XXIII a décidé de convoquer un concile, c’était quelque chose d’inimaginable, et pas un concile pour condamner mais pour vivre l’annonce de l’Evangile. En septembre 65, j’ai eu la chance d’aller à Rome avec mon frère, c’était extraordinaire et émouvant de voir tous ces évêques devant l’évangile. Le pape Paul VI était là ce jour-là ; il a annoncé que dorénavant, il y aurait des synodes dans l’Eglise romaine. Quelle belle impression !

Gérard CROUZET, diacre permanent du diocèse de Saint-Etienne

A l’époque jeune marié, avec nos amis, nos prêtres, nos équipes, nous espérions un souffle nouveau, c’est pourquoi l’ouverture du concile était attendu avec une impatience certaine. Quel souvenir ! une assemblée de plus de 2000 évêques, pour nous, c’était quelque chose d’inimaginable ! Nous avions eu connaissance de l’audace du cardinal Liénard, archevêque de Lille qui a pris la parole pour refuser les propositions de la curie romaine. [1]. Le souffle nouveau était bien là !

Dans la constitution "Lumen Gentium", il est dit : "Le caractère du diaconat est le signe gravé dans l’âme de façon indélébile qui configure la personne qui est ordonnée au Christ qui s’est fait diacre, c’est-à-dire serviteur de tous"

En effet comment ne pas évoquer une décision du concile rétablissant le diaconat permanent. Cette décision allait profondément bouleverser ma vie de couple et ma vie en Eglise.

Au total, les quatre sessions conciliaires aboutirent à la promulgation de 16 textes : 4 Constitutions, 9 Décrets et 3 Déclarations. On nous dit que le document issu du Concile Vatican II qui eut la plus grande portée est sans doute la constitution dogmatique "Lumen Gentium". Qu’est-ce que c’est, cette constitution ?

Dominique LEBRUN, évêque de Saint-Etienne

"Lumen Gentium" c’est le premier document du Concile Vatican II. Une petite centaine de page. J’en retiens un grande image et une petite expression. L’image, celle du peuple de Dieu qui serpente au milieu de l’humanité, qui est cette humanité, au milieu des petits, des pauvres, des riches (qui se croient riches), avec à l’intérieur, les religieux et religieuses, les prêtres, les fidèles laïcs en grand nombre grâce au concile, les diacres permanents, les vierges consacrées, les évêques bien sûr !
Une petite expression : l’Eglise est dans le Christ. Formidable défi d’être en quelque sorte transparent au Christ. C’est peut-être pour cela que cette constitution consacre un chapitre entier à appeler tous les baptisés à la sainteté. Soyons accueillant à l’Esprit Saint. Osons nous aider les uns les autres avec beaucoup d’humilité ; à avoir cette ambition d’être des saints pour le troisième millénaire.

La Constitution sur la liturgie "Sacrosanctum Concilium", encourage une « participation active de tous les fidèles ». Qu’entendons-nous par participation active ?

Yvonne ODIN, Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse

Il semblerait encore pour quelques uns, que la participation active rime avec "faire". J’ai rencontré des catéchistes qui recherchent désespérément des choses à faire faire aux enfants comme si vivre la célébration n’était pas suffisant. Bien sûr, il y a des laïcs qui ont un rôle plus visible, les chantres, les lecteurs, ceux qui lisent la prière universelle, mais la participation active ne se réduit pas à cela. C’est chacun dans l’assemblée qui s’unit dans la prière, par la voix du chant, de l’écoute, de l’attitude intérieure. Enfant, je peux dire que j’assistais à la messe, aujourd’hui, je peux dire que je suis membre à part entière de l’assemblée.

La constitution "Dei Verbum", le Concile a entrepris de ranimer le rôle central de l’Écriture dans la vie des baptisés. Quelle nouveauté dans ce domaine ?

Francis LANGLOIS – ALP [2]- Centre Diocésain de Formation

Ce qui me plaît dans "Dei Verbum", c’est l’idée que la Parole de Dieu est au centre de notre vie. C’est Jésus-Christ qui nous montre le Père, qui nous le révèle. Et c’est cette Bonne Nouvelle qui est parvenue jusqu’à nous à travers les apôtres et leurs successeurs, et à travers l’action de l’Esprit Saint.
C’est l’idée qu’à travers Jésus-Christ, nous entrons en communion avec Lui. Il nous parle, il essaye de nous dire qui Il est à travers ces textes que nous pouvons lire, étudier, méditer.C’est entrer dans sa vie et dans celle de Dieu.

Comme pour toutes les autres d’ailleurs, le nom de la constitution "Gaudium et Spes" vient des premiers mots du texte, qui signifient ici : "joie et espoir". Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Nathalie MOLITOR– ALP - "Eveil en quartier populaire

Ce que je retiens de "Gaudium et Spes", c’est ce rappel que l’amour de Dieu est inséparable de l’amour des hommes. J’ai la chance aujourd’hui d’être une femme parmi d’autres laïcs, active dans le diocèse, appelée comme animatrice en pastorale auprès des quartiers populaires. Avec les personnes des quartiers, nous sommes au coeur de la vie, une vie bousculée, mais qui trouve écho dans l’Evangile et nous annonçons l’Evangile là où elle semble déjà avoir pris racine. Nous écoutons et nous redonnons une place à ceux que Jésus appelait les plus petits. Avec cette prise de parole, ils ont envie d’agir ensemble pour relever la tête et retrouver de l’espoir.

On parle de Concile œcuménique … ça a à voir avec l’œcuménisme ?

Sr Renée JOLY– équipe diocésaine pour l’œcuménisme

Les fruits du Concile Vatican II devait être le rapprochement avec les frères séparés. Des observateurs des Eglises chrétiennes ont été invités aux assemblées, ils ont été consultés. Le décret sur l’œcuménisme a ouvert des voies sur le chemin de l’unité. Ce décret insiste en particulier sur la nécessaire conversion intérieure ; sur la connaissance réciproque et fraternelle entre frères séparés ; sur le dialogue oecuménique et la la collaboration au service des frères. Et aujourd’hui, là où l’Esprit du concile est à l’oeuvre, et bien grandit l’oecuménisme.

Le 24 et 25 mars dernier, 2 500 personnes ont vécu à Lourdes une rencontre à l’occasion des 50 ans de l’ouverture de ce grand moment de l’Eglise. Avec 53 autres pèlerins de notre diocèse, Marion Rigaud faisait partie de la délégation de notre diocèse. A l’ouverture de ce rassemblement le Cardinal Etchegaray a qualifié le Concile Vatican II de "boussole fiable pour temps de brume et de tempête". Quelle direction vous indique cette boussole aujourd’hui ?

Marion RIGAUD – paroisse Saint Irénée des Monts du Lyonnais

A Lourdes, j’ai eu le bonheur de découvrir la force et la présence de Marie dans ma vie. J’ai découvert aussi que les sacrements étaient les signes visibles et efficaces d’une réalité invisible. Alors, ancré dans l’eucharistie, le concile nous a rappelé qu’il faut aller vers l’autre en toute liberté et chercher toujours la complémentarité pour ne pas perdre le Nord.

Frédérique Défrade


[1] Lors de la première session de travail du IIe concile œcuménique du Vatican, le cardinal Liénart déclencha un coup de théâtre : alors que l’ordre du jour prévoyait un passage direct au vote des textes des commissions préparatoires, il prit la parole, avec le cardinal Frings, pour demander un débat préalable. Le changement de procédure proposé fut immédiatement accepté par Jean XXIII. À une immense majorité, les évêques décidèrent alors par un vote de ne pas procéder ainsi que l’avaient prévu les commissions préparatoires, mais de d’abord délibérer entre eux, par groupes nationaux et régionaux, ainsi que dans des réunions plus informelles. (Wikipédia)

[2] ALP : animateur laïc en pastorale




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Publié le : 31.10.2012 16:35 - Mis à jour le : 05.11.2012 16:46