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galet 50 ans du CCFD : bilan et prospectives avec son président Guy Aurenche

Fondé en 1961, le CCF (Comité catholique contre la faim) devenu CCFD-Terre Solidaire, incarne cinq décennies de l’engagement de l’Eglise de France au service de la solidarité internationale. Bilan et prospectives avec son Président, Guy Aurenche.

Quel est l’état d’esprit de cet anniversaire ?

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Guy Aurenche /photo CEF

Ni flamboyant ni modeste mais vigoureux. Ce temps se veut à la fois de mobilisation, d’expression et de revigorisation des équipes locales. D’où notre choix de privilégier les manifestations en région, même si nous vivrons quelques événements nationaux forts. Le 11 janvier 2011 nous avons été reçus par le Conseil permanent de l’Eglise de France. Cette rencontre que nous avons souhaitée pour inaugurer ce cinquantenaire s’est très bien passée. Nous partons très encouragés, à la fois sereins et stimulés, tant pour poursuivre notre action en nous ré-interrogeant sur nos réponses à un développement humain et solidaire, que pour nous réadapter à de nouveaux défis.

Une quarantaine de vos « partenaires » du Sud et de l’Est sont invités. Le partenariat reste d’actualité ?

J’en suis tous les jours émerveillé. C’est long, ça paraît utopique, c’est compliqué mais c’est la seule réponse réaliste à la violence de la mondialisation concurrentielle. Le CCFD-Terre Solidaire n’envoie pas ses experts pour travailler « avec » les populations, il part de leurs savoirs, de leurs appétits, de leurs discussions, de leurs demandes. Il écoute ces groupes de base et les prend au sérieux. Ce qu’il essaye, en plus, c’est de travailler en collectifs, avec des regroupements associatifs ou citoyens pour démultiplier cette action locale sur des territoires plus larges.

Des experts de l’écologie dénoncent 30 ans d’échec d’un certain type de développement. Vous sentez-vous concernés ?

Pour ce qui concerne le CCFD-Terre Solidaire, c’est totalement inexact. Depuis quinze ans au moins, aux Philippines, au Togo, au Mexique, dans tous les continents où nous intervenons, nos partenaires attirent notre attention sur la nécessaire harmonisation des initiatives entre lutte contre la pauvreté et protection de l’environnement, qu’il s’agisse de l’orientation des formations ou de suggestions pour l’agriculture. Ce souci a été, est et demeurera. C’est aujourd’hui au tour du CCFD-Terre Solidaire national de développer cette préoccupation vis à vis de partenaires qui n’y penseraient pas encore.

Né dans l’euphorie des Trente glorieuses et de l’après Concile, le CCFD-Terre Solidaire a 50 ans dans une période de peurs et de crises. Ses militants ne sont-ils pas découragés ?

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Il est certain que nos contemporains, assaillis par des flots de mauvaises nouvelles, ont souvent l’impression qu’il leur faut porter le monde, ce qui est évidemment impossible. Cette attitude peut conduire à des replis identitaires, des évasions dans la consommation ou une multitude de formes de mal-être. Dans « Le Centre de gravité », la philosophe Françoise Le Corre évoque ces hommes d’aujourd’hui « fiers de leur autonomie [...] courageux mais seuls et parfois bien las ». Nous ressentons cet essoufflement, y compris dans nos réseaux mais n’ayons ni complexes ni fausse pudeur. Ce sont bien les chrétiens qui, partout, se positionnent sur des rendez-vous d’humanité. Ce sont bien les chrétiens qui restent aux avant-postes de la solidarité internationale, y compris financièrement. Dans un contexte de restrictions, de surcroît de charges familiales, la générosité des donateurs du CCFD-Terre Solidaire n’a pas baissé. Chapeau bas à ce public catholique et plus large !

ONG de solidarité internationale, le CCFD-Terre Solidaire reste-t-il identifié comme organisme d’Eglise ?

Nous avons un aumônier national, des aumôniers diocésains et bien que nous ayons changé nos statuts en autorisant l’adhésion de bénévoles pour honorer la vitalité de notre réseau, les 2/3 du pouvoir décisionnel revient aux 25 mouvements et services d’Eglise qui composent son assemblée générale. Nous ne sommes pas devenus et n’avons pas l’intention de devenir un mouvement parmi d’autres. C’est un coup de génie du Saint-Esprit d’avoir imaginé le CCFD en collégialité. C’est un lieu de dialogue extraordinaire qui n’a pas d’équivalent dans l’Eglise. Certains de ses membres sont en perte de vitesse mais d’autres sont bien vivants. Dans l’avenir, nous désirons même renforcer cette collégialité en l’ouvrant à de nouvelles forces vives. Nous avons ainsi des contacts avec la Communauté Vie Chrétienne (CVX), Fondacio, les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), la Pastorale des Migrants mais également avec les congrégations religieuses qui comptent désigner une personne et ont, à cette intention, créé une association.

La collégialité, le partenariat, la richesse de notre ancrage spirituel... ; ce sont toutes ces intuitions que nous avons le désir de célébrer. Ce ne sont pas des choses du passé à inscrire dans les livres d’histoire mais notre manière de contribuer à la construction de l’humanité de 2015.

Source CEF





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Publié le : 10.02.2011 16:08 - Mis à jour le : 19.05.2011 10:02