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galet 2010 : soirée débat sur le thème : « Quand la mort survient »

L’équipe funérailles de la paroisse Saint Martin en Ondaine a organisé une soirée débat sur le thème : "Quand la mort survient" jeudi 21 octobre 2010 à Firminy avec JACQUES LAPORTE, psychologue au service de médecine légale de Saint-Etienne, ABDELWAHEB WALKI, délégué pour la Loire du Conseil Régional du culte musulman, YVES RAYMOND, prêtre, curé de paroisse dans le Forez et MONIQUE PICHON-GALLAND, cadre de santé à l’hôpital Nord.

Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’invitation de l’équipe funérailles de la paroisse Saint-Martin en Ondaine pour la soirée organisée sur le thème « quand la mort survient … »

Mme Pichon-Galland, cadre de santé à l’hôpital nord et forte d’une longue expérience en service de soins palliatifs, a évoqué l’évolution de la prise en charge des malades en fin de vie et de leur famille à l’hôpital. Le cadre législatif et la formation du personnel soignant ont évolué pour permettre un meilleur accompagnement. Néanmoins « dans notre société occidentale, la mort est rejetée, cachée et la mort de l’un des siens renvoie chacun à sa propre mort mais également à la perte d’une partie de soi à travers l’autre ». Les soignants vont donc s‘efforcer dans l’accompagnement comme au moment douloureux de l’annonce du décès, de répondre avec disponibilité, écoute et humanisme aux besoins et aux attentes des familles même si, malgré leur professionnalisme, ils demeurent, eux aussi, « en proie à des interrogations quant à leur propre mort ».

MN. Ramousse et J. Thomas, chrétiens bénévoles engagés dans l’équipe funérailles de la paroisse nous ont fait partager leur expérience de rencontre avec les familles. Après l’annonce de la mort et les démarches administratives, l’accueil à la paroisse est souvent le premier moment où la famille prend le temps de se poser : il faut donc savoir écouter, laisser parler, accepter parfois le silence. La demande de rites funéraires reste forte même si les motivations religieuses des familles sont très variables. Pour respecter ces attentes, il est important de laisser la famille s’exprimer pour redire et relire la vie du défunt Il faut aussi essayer d’impliquer au mieux l’entourage dans la préparation et la participation à la célébration. Ces moments, parfois difficiles, sont toujours très forts et enrichissants pour l’équipe funérailles.

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Jacques Laporte /©paroisse Saint Martin en Ondaine

Mr Jacques Laporte psychologue au service de médecine légale du CHU de St-Etienne nous apporté son éclairage professionnel sur le processus psychologique du deuil dans une société marquée par la disparition de certains rites sociaux funéraires. « Le deuil est une réorganisation de soi, un vrai travail social et individuel. Le premier temps du deuil est toujours celui de la douleur avant de passer à une réorganisation progressive sur fond de détachement pour parvenir à l’émergence d’une nouvelle cohérence. » Le moment le plus difficile n’est pas le temps des funérailles où la famille est resserrée, c’est après quelques mois et c’est à ce moment-là qu’on a besoin d’une main tendue.

Mr Abdelwaheb Bakli, délégué pour la Loire du Conseil Régional du Culte Musulman, en citant quelques sourates, nous a rappelé que la question de la mort est très présente dans le Coran et intégrée aux pratiques religieuses des prières quotidiennes ou du rassemblement du vendredi à la mosquée. Il nous a ensuite présenté la façon dont l’Islam conçoit la mort et l’au-delà, rappelant que « nous sommes à Dieu et c’est à lui que nous retournerons ». Il a enfin développé l’importance des rites funéraires pour les musulmans : toilette et prière mortuaire, habillage dans un linceul, prière à la mosquée, condoléances et inhumation.

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Le P. Yves Raymond /© paroisse Saint Martin en Ondaine

Le Père Yves Raymond, curé de paroisse dans le Forez, a rappelé que « devant une tombe, il ya deux points d’interrogation : le sens de la vie et la rétribution possible ? La réponse du christianisme est d’abord au pied d’une croix. Personne n’a vu la résurrection mais le Christ est venu vaincre la mort, le péché (résistance à l’amour). Le salut, c’est consentir à l’amour de Dieu et aussi à l’amour de tout homme. » Dans les rites chrétiens, La cérémonie religieuse est un rappel du baptême, l’eau dans laquelle on se plonge pour resurgir, un au-revoir, promesse de retrouvailles (le dernier a-dieu), une prière d’absolution qui dit que Dieu est plus grand que le péché. L’inhumation est à mettre en lien avec le geste du semeur, promesse du grain qui germe, signe de résurrection.

Un temps d’échange avec l’assistance a permis d’aborder un certain nombre de questions importantes auxquelles les intervenants ont tenté d’apporter des éléments de réponse : mourir dans la solitude, comment parler de la mort aux enfants et les associer au décès d’un proche, la création de carrés musulmans dans les cimetières, la question de la crémation …

Au final, une soirée réussie qui témoigne de la volonté paroissiale d’organiser, en lien avec le calendrier liturgique, des temps forts de réflexion largement ouverts sur les problèmes de société ou d’actualité.

Jean-Michel Larois





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Publié le : 01.11.2010 11:57 - Mis à jour le : 14.03.2011 14:50