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galet 2010 : Très bon succès pour les Assises chrétiennes du jeûne à Saint-Étienne

Plus de 700 personnes venues de toute la France et bravant le froid et la neige, sont venues participer les 12, 13 et 14 février 2010 aux « premières Assises chrétiennes du jeûne » à Saint-Étienne. Un véritable succès, signe que le jeûne est un sujet qui intéresse vraiment nos contemporains !

De tout temps, le jeûne a été une voie de purification corporelle, psychique et spirituelle. C’est pour accompagner et encourager sa (re)découverte dans nos Églises, que Jean-Luc Souveton, prêtre du diocèse de Saint-Étienne, délégué au développement personnel et aux spiritualités hors frontières du diocèse de Saint-Étienne, et Jean-Claude Noyé, journaliste pour la revue "Prier" ont souhaité organiser ces assises chrétiennes du jeûne. Une première, au programme riche placé sous le signe du partage et de la convivialité, pour voir combien la privation volontaire de nourriture peut-être une expérience libératrice, source de joie.

Les Assises abordaient les dimensions médicale, thérapeutique, psychologique et spirituelle, avec un éclairage politique et sociétal du jeûne envisagé comme une autre façon de vivre et de consommer dans la société actuelle. Conférences plénières, ateliers d’échanges permettaient à tous d’appréhender le jeûne sous toutes ses facettes.

Ces Assises étaient le moment de parler du plaisir de manger moins et de s’ouvrir à une autre dimension de la vie, libérée des contraintes liées à l’alimentation. Pour une vie qui se nourrit d’énergie vitale et spirituelle.

Cet événement était une première. Son ambition : un rayonnement national et même européen, avec la participation déjà acquise de grands noms du jeûne : Anselm Grün, Françoise Wilhelmi de Toledo, Myriam Lejeune,Gisbert et Gertrud, Bölling…

Elles ont été un succès avec plus de sept cent participants. Mgr Dominique Lebrun concluait ses premières Assises chrétiennes du jeûne lors d’une intervention dans laquelle il soulignait : " Ces trois jours, j’ai pris tout le temps dont je disposais pour m’asseoir avec vous. J’espère avoir avancé sur notre chemin commun du bonheur et de la vérité, sur le chemin du vrai bonheur. Je suis encore loin d’avoir découvert tout ce que Le grand livre du jeûne pourrait me révéler. Mais j’ai compris aussi le rôle de l’expérience dans cette rencontre.

- Lire l’intégralité de la clôture des premières Assises du jeûne par Mgr Dominique Lebrun

Le jeûne, une pratique en hausse, surtout chez les femmes

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Trois jours d’Assises © Serge Denayrolles

Le jeûne est une pratique en hausse, aux motivations plus personnelles et spirituelles que religieuses, qui séduit particulièrement les femmes et les intellectuels, selon une étude publiée dans l’hebdomadaire La Vie.

Cette étude a été réalisée par le sociologue Jean-François Barbier-Bouvet à l’occasion des premières Assises chrétiennes du jeûne à Saint-tienne du 12 au 14 février 2010.

Parmi les motivations indiquées par les jeûneurs (plusieurs réponses possibles), la première est "purifier, désintoxiquer et revitaliser mon organisme" (60% des personnes interrogées), suivie de "prendre du recul par rapport à la vie quotidienne" (48%), "retrouver la paix intérieure" (41%), "être plus à l’écoute de mon corps" (38%). "Poursuivre une recherche spirituelle ou une quête de sens", est une motivation citée par 33% des jeûneurs interrogés ; "équilibrer ma relation à la nourriture" et "approfondir ma foi en Dieu" viennent ensuite à égalité (28%) juste devant "pratiquer une ascèse spirituelle et personnelle" (26%). "Réduire ma surcharge pondérale" est en queue de peloton, à égalité avec "expérimenter une nouvelle démarche en Eglise" (10%).

L’étude a été menée auprès de 560 personnes qui pratiquent régulièrement le jeûne dans des monastères ou des associations. 71% des jeûneurs sont des femmes, 90% d’entre eux ont au moins le bac et plus de la moitié ont entre 45 et 59 ans. Enfin 69% de ces jeûneurs sont chrétiens et 27,5% sont sans religion, les 3,5% restants étant d’une "autre religion".

Dépêche ALP 11 février 2010, sur www.la-croix.com

- La pratique du jeûne progresse auprès des Français, un article sur le Parisien.

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Les organisateurs © Serge Denayrolles

Extraits de l’intervention du père Bruno Martin lors des Assises Chrétiennes du jeûne

Quelques aspects du jeûne à la période patristique [1]

La question du jeûne (...) est fréquemment abordée par les Pères, soit à travers les commentaires de l’Écriture, soit en référence à la discipline de l’Église dont il faut expliciter le sens. Plutôt qu’un inventaire exhaustif, nous avons choisi de présenter quelques aspects de la compréhension du jeûne par l’Église ancienne, d’abord comme une donnée constante de sa pratique, ensuite à travers la vision qu’en offrent les Pères du Désert (...) enfin à travers l’interprétation plus « sociale » qu’en donne saint Léon le Grand.

1- Une discipline déjà traditionnelle dès les premiers siècles

Les premières communautés chrétiennes ont adopté sans hésiter l’usage du jeûne, qu’elles tenaient aussi bien des pratiques du judaïsme que de l’exemple du Seigneur. (...) Les fidèles y sont invités à jeûner deux fois la semaine, mais avec le souci de bien se distinguer des « hypocrites » - les juifs de la tendance pharisienne – qui jeûnent le lundi et le jeudi : le chrétien jeûnera le mercredi et le vendredi – peut-être déjà en référence, pour ce dernier jour, à la Passion du Seigneur . Si rien n’est dit des modalités pratiques de ce jeûne, un autre passage en suggère la motivation : « jeûnez pour ceux qui vous persécutent » - démarquage intéressant du Sermon sur la montagne .

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Une très nombreuse assemblée © Serge Denayrolles

2- Des performances régulées par la charité

L’ascétisme en matière de nourriture semble être la marque de fabrique du monachisme du désert. Que la sobriété des hommes du désert soit, indépendamment de toute autre cause, un sujet d’étonnement pour le citadin occidental, reste que les Pères d’Egypte semblent se livrer à un championnat d’abstinence. Antoine ne mange que tous les deux, trois, voire quatre jours, et seulement du pain et du sel ; Jean de Lyco, à quatre-vingt-dix ans, ne mange que des fruits, et seulement après le coucher du soleil ; d’autres se contentent de salades, de légumes crus, de plantes sauvages ; les moines du désert syrien, remarquables par leurs extravagances, ne mangeaient que de l’herbe crue. (...) Sans doute l’intention première est-elle de faciliter la vie contemplative par une stricte discipline du boire et du manger. (...) Pour l’ascète chrétien, dans la solitude du désert, le jeûne prend également une dimension totalement eschatologique : il est anticipation de la vie du Royaume. (...) « Il nous faut pratiquer l’accessoire – jeûnes, veilles, anachorèse, méditation des Écritures, en vue du but principal, qui est la pureté du cœur, qui n’est autre que la charité ; et il ne faut pas, à cause de l’accessoire, bousculer la vertu principale […] Les jeûnes, les veilles, la méditation de l’Écriture, la nudité, la privation de tous biens ne sont pas la perfection, mais les instruments de la perfection : ils ne constituent pas la fin de notre règle, ils ne sont que moyens par où on atteint à la fin »

- Lire l’intégralité de l’intervention du Père Bruno Martin

Interview de Jean-Luc Souveton

Pour la revue Famille Chrétienne, par Benjamin Coste.

Pour lire l’interview intégrale dans Famille Chrétienne

Âgé de 49 ans, le Père Jean-Luc Souveton est l’un des organisateurs de ces Assises. Depuis plus d’un an, il est délégué diocésain au développement personnel et aux spiritualités aux frontières, pour le diocèse de Saint-Étienne. Un ministère unique en France.

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- Ces assises chrétiennes, ouvertes aux chrétiens comme aux non-chrétiens, seraient-elles alors un lieu d’évangélisation ?

Nos évêques nous invitent depuis des années à proposer la foi. Pour moi, le jeûne est une surface de contact avec l’ensemble de l’humanité. Le jeûne est présent dans toutes les religions, parce que c’est d’abord un mode de soin du corps. À partir de cette base commune à toute l’humanité, nous, chrétiens, pouvons nous positionner en prononçant une parole spécifique : « si nous jeûnons, nous le faisons à la suite du Christ ». Si le jeûne est une façon d’avancer sur le chemin de la liberté, cette liberté nous est donnée dans le Christ.

- Le jeûne est une pratique éminemment religieuse. Pour autant, les chrétiens l’ont un peu oublié. Comment expliquez-vous son actuel « retour en grâce » ? À mon sens, nous avons oublié peu à peu le jeûne parce que nous l’avons associé à une mortification. Le jeûne doit être pénible et douloureux pensait-on. En vérité, le jeûne est associé à la joie pascale, à l’attente de l’Époux. Le jeûne nous met dans la joie, pas dans la tristesse. Le vrai jeûne rend joyeux. Aujourd’hui, le jeûne réapparaît comme un exercice bénéfique à notre vie spirituelle. De plus, Benoît XVI dans son message de Carême de l’année dernière a invité les catholiques à renouer avec cette pratique.
Je pense enfin que la visibilité du Ramadan musulman nous renvoie, nous, chrétiens, à la quasi-invisibilité de notre Carême. À force de tout faire de manière très intérieure, très personnelle, il nous manque quelque chose de communautaire à vivre ensemble au-delà de la liturgie.

- Le jeûne dont vous parlez est très différent de celui habituellement pratiqué les catholiques (poisson les vendredis de carême, etc.)

Je crois que rien ne remplace le jeûne de nourriture. Les autres formes de jeûne sont aussi importantes (« jeûne » de télévision, de paroles mauvaises, etc.) mais elles ont d’autant plus d’impact si elles sont en lien avec une expérience physique du jeûne.

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- Pourquoi ?

Le jeûne nous renvoie psychologiquement puis spirituellement à une expérience liée au sevrage du nourrisson. Le fait que sa mère ne réponde pas immédiatement à sa demande de nourriture permet au nourrisson de distinguer sa mère du besoin qu’il a d’elle. Il l’amène ainsi à accueillir sa mère comme une personne. Le jeûne nous fait prendre conscience qu’il y a toujours un écart entre le don et le besoin que j’ai. Cela a des répercussions jusque dans la relation à Dieu. Je peux aimer Dieu plus pour ce qu’il me donne, que pour lui-même. Le jeûne me permet de passer de la consommation à la communion, ce qui est très différent. Jeûner n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Il permet de se rendre disponible à soi, aux autres et à Dieu. Cette abstinence librement choisie rend plus libre.

- Vous-même, comment êtes-vous venu à cette pratique du jeûne ?

Peu à peu, j’ai senti dans les temps de carême comme un besoin de réduire mon alimentation. J’ai commencé par sauter un repas pour arriver à jeûner des journées entières. Un jour, j’ai pris connaissance d’un prospectus parlant du foyer Notre-Dame de la Route en Suisse où étaient proposés les exercices de saint Ignace sur onze jours plus un jeûne complet. J’y suis allé et j’ai fait ma première expérience de jeûne accompagné. Cette découverte a été tellement forte que, par la suite, j’ai continué à jeûner seul une semaine avant Noël, durant le carême. Tout cela en continuant mes activités normales et sans que personne ne le sache.

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Le jeûne m’a donné une très grande disponibilité intérieure pour relire ma vie, pour être à l’écoute de ce que je vivais, pour prier, pour être en relations avec les autres. Au retour, j’ai senti un dynamisme nouveau habiter mon ministère. L’impression qu’une vie nouvelle irriguait mon être. Souvent, on associe le jeûne à une vie diminuée alors que, pour moi, jeûner, c’est vivre plus.

En savoir plus

- Pourquoi jeûner ?

- Témoignages

- Le programme des Assises du Jeûne


[1] Pères de l’Église




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Publié le : 13.02.2010 00:43 - Mis à jour le : 17.02.2011 12:10