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galet 2010 : Le père Thierry Magnin a fêté ses 25 ans de sacerdoce

Le Père Thierry Magnin, vicaire général du diocèse de Saint-Etienne a fêté ses 25 ans de sacerdoce lors d’une messe à l’église de la Rivière à Saint-Etienne le samedi 5 juin 2010 présidée par Mgr Dominique Lebrun.

Ce fut aussi l’occasion, pour ce physicien, docteur es sciences et docteur en théologie, de dire "au-revoir" à ses amis et collègues stéphanois, puisque, dès la rentrée prochaine, il va va rejoindre l’institut Catholique de Toulouse où il est chargé de créer une chaire d’éthique. Il a été également nommé vice-recteur de cet institut.

HOMÉLIE DES 25 ANS DE SACERDOCE par le Père Thierry Magnin

Église de La Rivière, 5 juin 2010

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25 ans de sacerdoce de Thierry Magnin /©Défrade

DONNEZ-LEUR VOUS-MÊMES A MANGER ! Quel défi pour les apôtres d’hier et d’aujourd’hui ! Quel écart entre l’ampleur de la mission et la pauvreté de nos moyens, 5 pains et 2 poissons ! Ces 25 années de sacerdoce m’ont appris combien cet écart, cette démesure même, sont constitutifs de l’annonce de l’Evangile. L’Evangile nous attire comme une vraie source de Vie et en même temps nous dépasse totalement, tellement il est fort ; mais c’est une chance d’être ainsi dépassé, cela peut éviter de nous en croire propriétaires alors que nous sommes surtout appelés à lui être fidèles. Voilà un thème que nous avons souvent repris en équipe des EDC, en équipe d’ACI ou en END : être de fidèles intendants des dons de Dieu, de bons gérants inventifs et pas des propriétaires de ce que nous avons reçu ! Chemin de fécondité, d’humilité joyeuse, de libération et de liberté, pas facile, jamais gagné mais qui fait grandir, je peux en témoigner.

DONNEZ-LEUR VOUS-MÊMES A MANGER ! En n’oubliant jamais de vous laisser nourrir ! Je voudrais ici dire un très grand merci, pas par politesse, à tous ceux qui m’ont « donné à manger » pendant ces 25 ans et m’ont permis de le faire à mon tour, en Jésus. A vous d’abord qui êtes là ce soir, à vous frères prêtres du presbyterium de Saint-Etienne, qui est une famille pour moi, à vous les diacres, à vous les ALP, dont le ministère est si précieux pour nous tous (n’est-ce pas Père Joatton vous qui avez su promouvoir ces ministères confiés à des laïcs), à vous tous compagnons de route, bénévoles tout donnés, depuis la paroisse Sainte Thérèse il y a 25 ans, jusqu’à la Maison diocésaine comme vicaire général, en passant par La Talaudière-Sorbiers, Lille et par ND de La Joie. Dans cette dernière paroisse, vous souvenez-vous du coup d’Esprit saint qui nous avait conduit à proposer un partage d’évangile à nos voisins d’immeuble, de quartiers : « On va nous prendre pour une secte craignaient certains »… En fait on a vécu un « festival » du même goût de vie et de foi que le récent et si bon festival de la Parole de Pentecôte ! Du même goût que ce si grand moment de ton ordination comme évêque Dominique ! Avec la simplicité et l’intelligence de Jésus, dans l’humour et la profondeur !

Parmi ceux qui m’ont donné à manger pour que je grandisse comme disciple de Jésus et comme prêtre, je pense à mes parents, en particulier à ma mère qui s’est convertie 25 ans après son mariage après l’épreuve redoutable de la mort de ma sœur. Je te rends grâce, maman, de ton audace et de ton sens de la prière et de l’intériorité qui nous a tous bouleversés et appelés au Christ Vivant !

Je pense aussi à ce prêtre côtoyé quand j’avais 6-7 ans qui m’a transmis un immense cadeau à travers le visage d’un Dieu Bon ! Quelle chance quand on est jeune de commencer par percevoir Dieu comme Bon ! La bonté d’un Dieu qui accueille chacun inconditionnellement, comme le Père du fils prodigue, les bras tendus, inlassablement, un Dieu pour lequel il n’y a aucune cause d’exclusion qui soit tolérable et définitive. Cette bonté-là a toujours guidé mon ministère, provoqué mon intelligence en la transformant petit à petit, même si j’ai été souvent loin de la vivre !

Je pense à cette femme en fin de vie autour de laquelle sa famille et moi-même étions réunis. Le dernier soir, elle a tenu à rencontrer chacun de ses enfants et son époux, me demandant seulement d’être là avec elle pour ces adieux. Elle a donné tout son cœur de mère et d’épouse. Une immense force de vie au cœur d’une évidente fragilité, comme un signe avant coureur que la Vie est plus forte que la mort ! Moi qui venais lui apporter la bonne parole et la communion, j’ai d’abord reçu à manger de cette femme de foi ; c’est elle qui nous a donné le Christ Vivant.

Je pense aussi à ce prisonnier de La Talaudière qui m’accueille, avec l’équipe de la pastorale des prisons, au début de la célébration de Pâques en m’offrant le buste d’un homme en papier mâché, transpercé par une lance et me disant : c’est Jésus prisonnier, c’est nous ici en prison ! « J’étais en prison et vous m’avez visité » !

DONNEZ-LEUR VOUS-MÊMES A MANGER ! J’aime mon Eglise quand elle a l’audace et l’ouverture de liberté de Celui qui est sa pierre angulaire, par exemple quand elle entre en vrai dialogue avec la société, comme tu nous y appelles Dominique ! Elle se fait « conversation avec le monde » comme disait Paul VI dans ce texte si percutant « Annoncer l’Evangile aux hommes de ce temps », écrit dans le souffle de ce si beau concile Vatican II. Je pense ainsi à la conversation engagée par l’Eglise catholique de France pour les états généraux de la bioéthique, grande expérience que j’ai la chance de vivre, avec beaucoup d’autres, comme un service de la société et de la vie ; je pense bien sûr à ce chemin de plus de trente ans dans le monde scientifique, entre Galilée, Darwin et les technosciences, aux nombreuses rencontres sur sciences et foi, notamment avec mes amis de l’école des mines et avec des jeunes si surpris de découvrir l’intelligence de la foi chrétienne au regard des grandes questions sur l’homme et sur le monde ! Je pense à ce monde médical qui m’a si souvent appris à « prendre soin », en particulier les personnels des soins palliatifs qui témoignent si fortement de la reconnaissance de la dignité inviolable de toute personne humaine, fut-elle défigurée et jugée inutile aux yeux d’une certaine efficacité.

DONNEZ LEUR VOUS MÊMES A MANGER … Je pense à l’aventure de l’école de l’Evangile et des quadras ! Père Joatton vous aviez eu l’intelligence de nous donner carte blanche pour monter une formation pour des jeunes de 18 à 30 ans désireux de chercher à construire leur vie à la lumière de l’Evangile. Quelle aventure que d’aider des jeunes à recevoir la puissance de transformation que l’Evangile peut apporter, la liberté pour discerner et choisir sa vie, pour en faire un « je t’aime », de mille et une manières. J’aime ces aventures où l’on se risque en s’appuyant sur Celui qui, le premier, a pris le maximum de risques « pour que le monde ait la vie, et qu’il l’ait en abondance » ! Et que dire de notre complicité dans l’équipe des formateurs, deux prêtres et un couple, nourris nous-mêmes en voyant les jeunes prendre leur envol en liberté !

DONNEZ-LEUR VOUS MEMES A MANGER ! Un défi immense, une tâche difficile avec aussi des moments durs. J’ai pesté souvent en voyant nos rigidités en Eglise, nos crispations sur le passé, et les écarts entre ce que nous disons et osons vivre ! La mission de vicaire général, mission délicate et intéressante, m’a cependant appris que c’est justement au coeur des méandres du quotidien et des faiblesses de l’homme, les miennes aussi bien sûr, que se joue le mystère pascal : quelle démesure là aussi, la vie plus forte que la mort, la communion plus forte que la division, la fraternité plus forte que nos étroitesses…pourvu que accueillions et partagions « La Présence » infiniment délicate, intelligente, aimante, exigeante qui parle en nos cœurs. Une Présence, une Parole faite chair qui nous entraine, qui passe par nous et qui est plus grande que nous ! Une Parole incarnée, humblement déposée au creux de nos mains, qui fait grandir l’homme ! Je vous propose de continuer de la contempler à travers un petit film japonais de 5 minutes qui dit cela par une danse. Celle d’un couple qui a vécu un accident de voiture : lui a perdu une jambe, elle un bras. Comment continuer de danser avec de telles fragilités ! Ce film dit à sa façon quelque chose de la puissance d’amour de l’Evangile pour tous, aux quatre coins du monde ! Regardons.

Père Thierry Magnin


Gérard Crouzet, diacre, a rendu hommage à Thierry Magnin lors de la célébration célébrant ses 25 ans de sacerdoce

A Thierry Magnin

Thierry, comment ne pas être dans la joie aujourd’hui, comme nous l’étions il y a 25 ans pour te présenter à notre évêque le Père Rousset, en vue de ton ordination.

Nous avons eu la chance, ou plutôt la grâce, de faire partie de l’équipe que tu avais choisie pour t’accompagner dans ton cheminement. Tu logeais à la cure de Sainte Thérèse, avec le Père Jean Bérard, notre curé. Il t’avait accueilli pendant ta formation. Ce logement proche de l’Ecole des Mines où tu enseignais te convenait bien. C’est de ce lieu que tu as été appelé pour une mission d’église.

Tu as eu un parcours tellement atypique et singulier ! Enseignant-chercheur-séminariste, tu nous impressionnais déjà. Cette intelligence de type scientifique, tu as su la garder tout au long de ta vie de prêtre.

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Gérard Crouzet : "Par tes qualités scientifiques et humaines, tu as participé au rayonnement de notre diocèse pour toutes les questions d’éthique sur lesquelles l’Eglise se penche aujourd’hui"

Aux amis et communautés qui avaient participé à ta formation, tu écrivais avant ton ordination :
« Ce chemin vers le sacerdoce, je le vis comme un chemin de liberté. Souvent on me dit : « quel sacrifice ça doit être pour toi de devenir prêtre ». Je ne puis que répondre : c’est la plus grande chance de ma vie, car je vois bien que je deviens là de plus en plus moi-même ».

Et le prêtre que tu es devenu, enraciné dans ton cursus scientifique, a su montrer avec enthousiasme à notre monde moderne, avec ses richesses et ses contradictions, une Eglise vivante, rayonnante, engagée pour l’homme et ouverte aux réalités de notre temps.

Il est bon, aujourd’hui, d’insister sur le chemin parcouru tout au long de ces 25 années par ton souci de rapprocher la Science et la Foi. Tu n’as eu de cesse, par des interviews, des conférences, des colloques, des congrès, des écrits, de démontrer que Science et Foi n’étaient pas antinomiques. C’était chez toi, une véritable passion : tu as toujours voulu transmettre avec force conviction le rapprochement possible et jamais contradictoire entre les données du scientifique et celles du croyant.

Dans les lieux multiples où tes nominations t’ont conduit que ce soit en paroisse, à la Talaudière-Sorbiers, à Montaud devenue avec toi comme curé Notre-Dame de la Joie, d’où tu as gardé de nombreux souvenirs, tu n’as jamais quitté complètement ce monde de la recherche qui était pour toi une seconde nature.

C’est en pasteur et guide infatigable, que tu as porté le Christ. Fondateur de « l’Ecole de l’Evangile » en 1994 puis des « Quadras », tu avais pour les jeunes une attention particulière. Avec fougue et dynamisme, auxquels se mêlait beaucoup d’humour, tu as entraîné toute une génération dans la connaissance de Jésus-Christ et dans l’amour de cette Eglise que tu servais.

Dans le coeur de tous ces jeunes, tu as su mettre Dieu et le rendre présent. Cette présence a pour toi, Thierry, le nom de tous ceux qui ont bénéficié de ton enseignement et qui t’ont prouvé par l’amitié leur reconnaissance.

Comment ne pas évoquer ton départ pour Lille comme professeur d’université. Certains ont cru ce départ définitif, mais quand le Père Jean Bérard, alors vicaire général t’a écrit qu’il serait bon, après six ans d’absence, de choisir définitivement ton diocèse, ton attachement à Saint-Etienne a été le plus fort, tu as accepté de revenir parmi nous. Cette décision importante pour toi et pour le diocèse se devait d’être rappelée aujourd’hui !

Tes missions en Eglise ont concerné de nombreux mouvements ou services que nous ne pouvons énumérer ici : du mouvement Fondacio au comité d’Ethique, en passant par accompagnateur d’équipe ACI, aumônier des équipes Notre- Dame, responsable de formation...et bien d’autres. Appelé par la Père Joatton te voici depuis huit ans vicaire général, charge difficile qui t’a donné quelques cheveux gris, mais que tu assumes avec autorité et compétence. Tu as trouvé encore le temps d’écrire des livres et de travailler à la réalisation de films, notamment celui sur la bio-éthique élaboré toujours dans le souci d’expliquer, de faire comprendre, en ouvrant les coeurs et les esprits aux questions du monde de ce temps.

Cette joie que nous éprouvons en ce jour est teintée d’une certaine nostalgie parce que cet anniversaire signe aussi ton départ. Mais n’est-il pas normal que d’autres aient la chance de découvrir les richesses de ta personnalité puisque tu es appelé vers une autre université où tu pourras donner, en tant qu’enseignant et prêtre, ta pleine mesure ?

Thierry, nous voulons en ce jour remercier, avec toi, le Seigneur d’avoir déposé entre tes mains ce don de vie qu’est notre Eglise. Par tes qualités scientifiques et humaines, tu as participé au rayonnement de notre diocèse pour toutes les questions d’éthique sur lesquelles l’Eglise se penche aujourd’hui. Tu as dévoilé que l’infini de Dieu habite le coeur de l’homme. Par une parole de vérité, d’amour, de miséricorde, beaucoup se sont sentis mieux reconnus, aimés tel qu’ils sont et appelés à vivre le meilleur d’eux-mêmes.

Pour tant de grâces reçues en ces 25 années, avec toi, Thierry, nous disons au Seigneur, MERCI !

Gérard Crouzet, le 5 juin 2010, église St Pierre St Paul (Saint-Etienne)





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Publié le : 07.06.2010 14:06 - Mis à jour le : 20.04.2015 10:16