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galet 19 juin 2011 : Béatification de soeur Marguerite Rutan, martyre de la révolution française

En France, la béatification de Marguerite Rutan (1736-1794), qui appartenait à la Congrégation des filles de la charité de Saint Vincent de Paul, a eu lieu dans le diocèse de Dax le 19 juin 2011. Après la suppression des ordres religieux en 1793, sœur Marguerite poursuit son apostolat auprès des pauvres. Après son incarcération, elle sera jugée par un tribunal révolutionnaire qui la fera guillotiner en avril 1794.

Le pape Benoît XVI a autorisé le 1er juillet 2010 la publication du décret reconnaissant le martyre de Marguerite Rutan, sœur de la Charité, première supérieure de l’hôpital de Dax, guillotinée le 9 avril 1794

Soeur Marguerite Rutan, Fille de la Charité

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Marguerite Rutan Martyre de la Révolution française 1736-1794

Marguerite Rutan naquit à Metz le 23 avril 1736. Sa famille, nombreuse (15 enfants) était fort modeste. Entrée chez les filles de la Charité, elle fut envoyée à Dax avec cinq autres sœurs, sur la demande de l’évêque, pour diriger l’hôpital qu’il construisait dans sa ville. Lorsque la Révolution éclata et que certains réclamèrent l’expulsion des sœurs, l’évêque constitutionnel, Saurine, se prononça énergiquement pour leur maintien.

Après la suppression des ordres religieux, les sœurs de St Vincent de Paul changèrent leur nom en celui de dames de la Charité et continuèrent avec le même dévouement le service des pauvres. Le 3 octobre 1793, les religieuses eurent à choisir : prêter serment à la Constitution ou être expulsées ? Toutes refusèrent de jurer. Les services qu’elles rendaient aux pauvres et aux malades de la ville étaient tels qu’on n’osa pas tout d’abord demander leur renvoi. La Terreur cependant, s’était installée à Dax : la maison des Capucins et celle des Carmes avaient été transformées en prison.

Sœur Marguerite Rutan, martyre de la foi (1794)

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A la fin de l’année, Sœur Marguerite fut accusée d’avoir « par son incivisme, cherché à corrompre et à ralentir l’esprit révolutionnaire et républicain » (des militaires en traitement à l’hôpital) et fut envoyée à la maison de réclusion des Carmes. Le 8 avril, la commission extraordinaire fit comparaître la religieuse, ainsi que le père Jean Eutrope de Lannelongue, curé de Gaube et prêtre réfractaire. Tous deux furent guillotinés le lendemain. Marguerite chanta le Magnificat dans sa marche vers l’échafaud, repoussa le bourreau en disant « Aucun homme ne m’a jamais touchée » puis ôta elle-même son mouchoir de tête et ses fichus de cou.

Un an plus tard, le directoire du district déclarait : « La commune de Dax regrettera longtemps cette femme vertueuse qui, par caractère tenant à son opinion religieuse, a été inhumainement sacrifiée sur des motifs dont la preuve reste encore à acquérir ».

Le 9 avril 1905, date anniversaire de son exécution, un acte civil solennel de réparation fut adressé pour la respectable victime.

Le jeudi 1er juillet 2010, le pape Benoît XVI a autorisé la publication du décret du martyr en haine de la foi de Marguerite Rutan. Cette décision, attendue depuis plus d’un siècle, est la dernière étape avant sa béatification célébrée à Dax le 19 juin 2011.

- A lire aussi Sœur Marguerite Rutan, un peu d’histoire

- Diaporama sur Soeur Marguerite Rutan





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Publié le : 03.06.2011 15:43 - Mis à jour le : 20.06.2011 16:08